26 janvier 2010
Le projet dévoilé...
Les conclusions de la mission parlementaire sur l'interdiction du voile intégrale sont désormais connues.
Face à l'impossibilité d'appliquer une interdiction totale pourtant souhaitée par Sarkozy et un grand nombre de membres de l'UMP au lancement du débat, les parlementaires préconisent une interdiction ciblée aux services publics et un renforcement de certaines lois devant permettre une disparition de la burqa et autre niqab du territoire national à plus ou moins court terme.
Nouvelle étape d'un débat qui doit encore démontrer son intérêt si ce n'est masquer de véritables problèmes beaucoup plus ennuyant pour le pouvoir en place.
Plusieurs interrogations sur ce sujet :
Le premier est le fait que les personnes favorables à une loi visant l'interdiction ont comme principal argument le Droit de la femme et par conséquent, accusent ceux qui s'opposent à cette loi et à ce débat d'accepter qu'une femme soit totalement voilée comme le démontre l'action de Ni putes, Ni soumises devant le siège du PS. Simplification à l'extrême du débat avec les méchants et les gentils... Mais a-t-on entendu un socialiste ou un autre politique dire qu'il ne voyait pas de problème au port de la burqa ? Non, bien au contraire. Cette pratique est condamnée unanimement mais ça ne veut pas dire, pour cela, accepter aveuglément toute initiative.
Ensuite, on peut se demander pourquoi Sarkozy et l'UMP souhaitent à ce point interdire la burqa (et donc en faire parler) en ce moment. Cette pratique ne concerne que quelques centaines de femmes dans notre pays, même si c'est déjà trop, nous sommes loin d'une invasion, parfois décrite, de femmes entièrement voilées. De plus ce débat intervient en même temps que le "grand débat" sur l'identité nationale voulue par Besson et qui a très vite pris un aspect nauséabond en stigmatisant encore l'islam et l'immigré. A quelques mois des élections régionales, Sarkozy est fragilisé et une partie de son électorat le plus à droite risque de rentrer au bercail frontiste, il faut donc agir et quoi de plus simple que de jouer sur la peur et haine de l'autre. Cible idéale : l'immigré musulman et sa femme voilée des pieds à la tête.
Mais il est vrai que ce thème est très "banckable" sur le plan médiatique. Il y a unanimité sur le fond mais divergence sur la forme, un choix de réponse restreint entre oui ou non à une loi, des images qui marquent,... En somme, le sujet idéal pour faire passer à la trappe les thèmes qui fâchent : il y a quelques mois, on nous parlait de la pire crise économique et financière depuis 1929, que le capitalisme ne pourrait plus jamais être le même, que les Etats mettraient enfin des garde-fous aux excès de l'ultra-libéralisme, Sarkozy lui même se faisait le chantre de ce nouveau modèle. Depuis tout a recommencé de plus belle, enfin pour ceux qui ont l'économie entre leurs mains car pour le citoyen lambda, il en est autrement. De même, Bachelot nous promettait une terrible épidémie de grippe A avec à la clé des milliers de morts justifiant une dépense folle au profit des grandes firmes pharmaceutiques internationales. Depuis la menace a fait pschhht mais l'argent lui a bien disparu alors même que l'on nous parle de restrictions budgétaires rendant nécessaire la suppression d'un poste de fonctionnaire sur deux... Et les questions gênantes passant à la trappe à cette occasion sont légion.
Enfin comment peut-on imaginer que cette loi soit applicable et soit surtout et avant tout au service de ces femmes. Qui peut croire, sincèrement, que le vote d'une loi va soudainement convaincre femmes portant la burqa et hommes la faisant porter de ne plus le faire ? Deux conséquences soit la famille quitte la France pour un pays autorisant le port du voile intégral (Royaume Uni dans le meilleur des cas, Arabie Saoudite dans l'un des pires), soit la femme sera encore plus condamnée à la réclusion au sein du domicile. Il est vrai qu'on ne les verra plus dans les rues mais est-ce que le problème est réellement réglé ? non, on ne fait que le cacher.
Alors voilà, le pouvoir en place joue encore sur les peurs, sur la stigmatisation de l'islam afin de flatter son électorat et pour masquer les véritables problèmes et surtout les échecs de sa politique. Et la majorité des médias entrent dans le jeu car se devant de faire de l'audience (et de l'argent), favorisant le turn-over de l'info aux dépends du fond.
La médiatisation du voile intégrale passera mais la loi, elle, restera tout comme cette nouvelle stigmatisation dans l'inconscience collective...
13 janvier 2010
Week-end en Toscane
2010 commence par un excellent petit week-end en Toscane. Au programme Pise, Florence et Lucques.
La météo n'était pas vraiment en notre faveur mais en partant en janvier, on ne s'attendait pas non plus à une canicule. Le principal était de partir, de découvrir une région ou plutôt une modeste partie de cette région d'Italie.
Pise, sa tour (et son ascension), sa Piazza del Duomo, les rives de l'Arno...
Florence, sa cathédrale, le Ponte Vecchio et bien sûr LE David....
Lucques, destination de dernière minute mais une ville très agréable pour se balader...
Beaucoup d'autres lieux à découvrir dans la région dont Sienne mais en un week-end, des choix sont obligatoires mais ce n'est que partie remise à l'occasion d'un prochain voyage dans la région.
(un peu plus de photos dans l'album )
04 janvier 2010
2010, on était prévenu...
2009 : c'est fini... C'est au tour de 2010 désormais....
Bien sûr, on ne peut échapper aux voeux, étape obligatoire en cette période et surtout ils doivent être des meilleurs...
Que peut-on espérer et souhaiter pour cette nouvelle année ?
D'un point de vue personnel, 2009 se termine bien même si le mois de décembre fut assez intense (ce qui explique la non-activité de ce blog) entre les examens et les concours. Car 2010 représente la dernière année d'études pour moi, je termine mon master et bonjour "Monde du travail" même is je cherche déjà un emploi car une des bonnes surprises de décembre fut le fait d'être admis au concours de rédacteur territorial. Donc je recherche un job de rédacteur, idéalement dans la métropole lilloise....
D'un point de vue plus général, 2009 ne fut pas une très bonne année : encore une passée sous le sarkozysme et ses conséquences désastreuses : gestion de crise économique en faveur des plus riches et de grippe A en faveur des labos, politique "sociale", débat puant sur l'identité nationale. En Europe, les extrêmes droites se font de plus en plus bruyantes et visibles comme lors des élections européennes et ce dans une relative et inquiétante indifférence. On nous promettait un nouveau capitalisme, l'ancien revient toujours plus triomphant et arrogant....
Qu'attendre de 2010... Que du bon, l'optimisme est de saison...
3 événements : les élections régionales en mars prochain chez nous, en espérant une victoire écrasante de la gauche et principalement du PS afin de confirmer le bon boulot effectué lors du précédent mandat.
La Coupe du Monde de foot en Afrique du Sud à partir de juin. 1ère en Afrique. Importante car j'aime le foot et j'assume et je n'ai pas l'intention de me soigner. Des favoris à mes yeux : Espagne, Allemagne et Brésil, des espoirs : Portugal et Pays Bas !!!!
Dernier événement : en novembre, le Brésil vote pour désigner le successeur de Lula. Celui qui est certainement le président le plus charismatique et travaillant le plus dans l'intérêt de son peuple tire sa révérence.
A suivre...
09 novembre 2009
1989, un Mur est tombé...
Impossible de passer à côté de cette information, il y a 20 ans le Mur de Berlin tombait, signant les retrouvailles d'un peuple allemand séparé pendant presque trente ans. C'était la fin de ce symbole de la Guerre froide, du système soviétique, l'Europe redevenait UNE... Même si dans les faits, l'ouverture à l'ouest avait déjà eu lieu avec les brèches ouvertes dans le Rideau de fer, en Hongrie en particulier.
Cet anniversaire est bien sûr à célébrer car ce fut un événement fondamental du XXème. Certains allant même jusqu'à défendre l'idée que la fin de la séparation du monde en deux blocs signifiait la fin de l'Histoire. Affirmation démentie par la suite.
Depuis RFA et RDA sont redevenues Allemagne, les PECO sont entrés dans l'UE, les républiques d'Asie centrale et du Caucase ont accédé à l'indépendance.... Tournant le dos au communisme et se convertissant au capitalisme et surtout au libéralisme.... Avec le bilan que l'on connait à la fois positif pour certains et négatif pour (beaucoup) d'autres.
Mais cet aspect est oublié des célébrations, les médias et les politiques n'évoquent que la fin de l'URSS, la situation catastrophique de l'Est en 1989, la liberté retrouvée. Mais à quel prix ?
Le modèle soviétique était difficilement défendable mais son ennemi, le capitalisme de l'ouest l'est-il désormais beaucoup plus ? Car comme tout système hégémonique, il a dévié, développant les inégalités, les exclusions, les violences qu'elles soient militaires, policières, économiques ou sociales....
Un système s'est éteint avec la chute du Mur, l'autre survit faute d'alternative, de contre-modèle.
Ces pays qui se sont réjouis en 1989 et qui le font encore aujourd'hui oublient, cependant, que d'autres murs existent tout aussi symboliques que celui de Berlin. Et que certaines de ces barrières se trouvent en leur sein.
Il est facile de dénoncer le mur qui sépare les deux Corées car celle du Nord est la dernière grande dictature autoritaire survivante de cette époque. Mais il est beaucoup plus difficile de le faire pour celui qui coupe Chypre, pays de l'UE dont la partie nord est occupée par la Turquie, Etat candidat à l'entrée dans l'Union ou celui qui sépare encore des quartiers catholiques et protestants de Belfast. Il en est de même concernant celui construit par l'administration Bush pour stopper le passage de migrants mexicains qui pourtant continuent de risquer leur vie. Et que dire de celui construit par Israël pour isoler le peuple palestinien, morcellant le territoire arabe et permettant de le coloniser avec l'assentiment des Etats Unis et le silence de l'Europe, mais impossible de critiquer sous peine d'être accuser d'antisionisme ou pire d'antisémitisme....
Mais il y aussi ces murs invisibles que l'Ouest a construit entre riches et pauvres que ce soit au sein de sa propre population ou avec les pays du Sud, cet ex-Tiers Monde qui lors de la Conférence de Bandoung en 1955, avait refusé de s'aligner sur l'un des deux blocs.
Ces murs ont été mis sous les projecteurs avec la crise économique et financière que nous traversons. Mais chut, on célébre la victoire du capitalisme en ce 9 novembre, un capitalisme glorieux et salvateur contre ce communisme libertice et défaillant. Il ne faut pas gâcher la fête....
Alors oui, en 1989, un Mur est tombé entre l'Est et l'Ouest mais depuis l'Ouest a construit de nombreux murs entre riches et pauvres...
27 octobre 2009
Copenhague-2009.com - L'ultimatum climatique
L'ultimatum climatique est une campagne s'intégrant dans la mobilisation internationale pour obtenir à Copenhague 2009 un accord à la hauteur des enjeux climatiques. Il est important que chacun d'entre nous se mobilise, dès aujourd'hui....
Climat : chaque signature compte !
25 octobre 2009
De l'occitan au flamand...
Ce samedi a eu lieu une manifestation qui est passée un peu inaperçue dans les médias nationaux. Peut être parce qu'elle s'est déroulée à Carcassonne et non à Paris et qu'elle concernait surtout un problème purement régional. Le thème de cette mobilisation : la défense de l'occitan.
Entre 10 000 et 20 000 personnes ont défilé dans les rues de la cité médiévale afin de réclamer le développement de l'enseignement de l'occitan mais aussi la création d'une télévision et d'une radio par le service public dans la langue d'Oc.
Pour rappel, l'occitan concerne une trentaine de départements du sud de la France ainsi que le Val d'Aran en Espagne (où il a le statut de langue co-officielle) et une partie du Piémont italien. Le nombres de locuteurs varient fortement, allant de 580 000 à 3,5 millions, certains avançant même le chiffre de 12 millions, selon le degré de maîtrise de la langue.
A noter aussi qu'il existe une division au sein du mouvement occitan, entre les partisans de l'unicité de la langue et ceux qui la présentent comme un ensemble de dialectes proches (languedocien, auvergnat, gascon, provençal,...).
Cette manifestation a eu, au moins, l'avantage de poser le problème de la place des langues régionales en France.
En effet, sur cette question la Constitution de 1958 est claire, l'article 2 déclare que « la langue de la République est le français».
L'unité nationale s'est réalisée aussi sur cette seule reconnaissance du français et ce dès les origines de la République comme le proclamait le révolutionnaire l'Abbé Grégoire : "L’unité de la République commande l’unité d’idiome et tous les Français doivent s’honorer de connaître une langue, le français, qui désormais, sera par excellence celle des vertus du courage et de la liberté".
Ce fut une des bases de l'unité française, de cette communauté de destin au contraire d'autres modèles européens comme en Espagne où les régionalismes sont forts voire exacerbés.
C'est dans cette logique que la France a refusé de ratifier, suite à l'avis du Conseil Constitutionnel, la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires pourtant signée en 1999.
Même si la révision constitutionnelle de 2008 a reconnu que "les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France".
Concrètement, un rapport de 1999, remis à Lionel Jospin, dresse une liste de 75 langues régionales et minoritaires en France dont 23 en métrople.
13 d'entre elles font l'objet d'un enseignement public reconnu : le basque, le breton, le catalan, l'occitan, le corse, le tahitien, quatre langues mélanésiennes, le gallo, le francique et l'alsacien.
Le problème sur la place à accorder à ces langues est complexe entre ceux qui défendent un pluralisme linguistique national reconnu et ceux qui, comme l'Académie française, s'opposent à toute reconnaissance officielle et attribution d'un statut national à une autre langue que le français.
Mais l'évolution récente de la Constitution sur cette question déclare que ces langues font partie du patrimoine national. Alors doit-on sauvegarder ce pan de notre histoire ou y renoncer ?
On ne peut à la fois combattre le poids écrasant de l'anglais au niveau mondial, sonner l'alarme concernant les langues mourantes des pays de l'hémisphère sud et participer à la disparition de langues présentes sur notre territoire. Car toute langue est une richesse culturelle, patrimoniale, et surtout est irremplaçable.
Le français est la langue de la Nation, de la République, statut qui ne semble pas être souhaitable de modifier. Mais il est nécessaire de sauvegarder les langues régionales et minoritaires en favorisant leur enseignement aux côtés du français et sur la base du volontariat. Car un idiome ne peut survivre et encore moins se développer sans enseignement.
Question qui fait écho au problème de la place du flamand et de son enseignement en France.
Loin des chiffres de l'occitan, le flamand occidental serait parlé par 1 millions de personnes en Flandres belges, 90 000 aux Pays Bas et 20 000 dans les Flandres françaises.
Le west vlaamsch fait partie des langues régionales et minoritaires listées dans le rapport de 1999 mais il ne bénéficie d'aucun statut, ni reconnaissance officielle. Et alors même que certains s'opposaient à cette présence dans la liste, arguant qu'il n'était qu'un patois néerlandais et que de fait, une langue étrangère ne pouvait être également une langue régionale française.
Cependant, en 2007, a débuté une période d'expérimentation d'une durée de 3ans de l'enseignement du flamand dans des écoles du Nord à Wormhout, Noordpeene, Volckerinckhove et Esquelbecq.
L'évolution de cette expérimentation en enseignement durable dépendait de la motivation de la population mais aussi des autorités locales.
Etait-ce le renouveau du flamand en France ?
Si on s'en tient au succès au sein de la population, la réponse serait positive. En effet, une majorité d'enfants de ces écoles ont suivi les cours de flamand et en 2008, deux autres écoles (Lederzeele et Drincham) ont souhaité rejoindre l'expérimentation. Demandes qui furent rejetées par le Rectorat de Lille. Et alors que nous sommes dans la dernière année d'expérimentation, rien ne semble décidé pour la suite et surtout pas une évolution vers un enseignement durable alors même que les populations et les autorités locales le souhaitent.
D'après le quotidien flamand "De Morgen", il y a trois coupables à l'origine de ce qui s'annonce être un futur gâchis voire scandale.
Ce sont l'Inspection académique du Nord, le Taalunie (institution de promotion du néerlandais) et le Gouvernement Belge Flamand. Ces deux derniers auraient exercés des pressions sur la première afin de cesser l'expérimentation car elle représenterait une concurrence pour l'apprentissage du néerlandais alors même que cette langue n'est choisi que par 2% des éleves de la région comme seconde langue, principalement en raison d'une offre insuffisante et incertaine dans la continuité.
Les néerlandophones ont donc fait le choix, comme l'affirme L'Institut de la langue régionale flamande (ou Akademie Voor Nuuze Vlaamsche Tale), de "se tirer une balle dans le pied" plutôt que de se pencher sur leurs problèmes structurels. Car l'apprentissage du flamand devrait être plutôt envisagé comme une étape préliminaire possible à celui du néerlandais. Et ceux qui font le choix d'apprendre le flamand le font parce que cette langue appartient à leur idendité culturelle au contraire du néerlandais. Et il est peu probable qu'en faisant disparaîre le flamand, le choix se porte sur le néerlandais. Il semble qu'en faisant disparaîte la première, on met en péril la seconde.
Et les autorités françaises ne sont pas exemptes de reproches, en plus de céder aux pressions, ils décident de sacrifier une langue régionale française afin de préserver l'enseignement d'une langue étrangère.
Mais voilà, le flamand n'est parlé que par quelques milliers de personnes et ne reçoit aucun soutien des pouvoirs publics autre que celui des autorités locales de la Flandre française et ne bénéficie d'aucun écho dans les médias au contraire de l'occitan, du breton ou du corse...
Le flamand meure et c'est une partie de l'identité culturelle du Nord et de la France qui s'éteint....
09 octobre 2009
Nobel (sur)prize
La saison des Nobels a débuté, ils tombent les uns après les autres. Il est vrai que les Nobels scientifiques sont peu médiatisés parce que récompensant des grands chercheurs mais qui sont aussi d'illustres inconnus dans les opinions publiques mondiales et travaillant sur des thèmes peu abordables pour le Terrien lambda. Il n'en est pas de même concernant les Nobels de littérature et surtout de la Paix. Le premier est tout aussi souvent attribué à un(e) auteur peu célebre mais les livres sont plus accessibles que la physique, la chimie ou encore la médecine. Il permet de récompenser une carrière. Comme tout prix, son attribution est critiquée, discutée, il pousse sous les feux de la rampe une personne qui retournera vite au relatif anonymat qui était son quotidien avant la distinction scandinave. Enfin, le prix Nobel de la Paix est certainement le plus médiatisé récompensant des personnalités plus connues comme Jimmy Carter, Al Gore, Mikhail Gorbatchev ou des organisations comme Médecins du Monde ou dans le cas où il n'irait pas à une "célébrité" occidentale, la cause du vainqueur est médiatisable comme les micro-crédits du Bangladesh ou l'écologie au Kenya, pour ne parler que des plus récents.
Mais alors cette année, le comité Nobel a déjoué tous les pronostics en l'attribuant, à la surprise générale, à Barack Obama doublant les 204 autres candidats au poteau...
9 mois après son arrivée au pouvoir, le voilà déjà nobelisé "pour ses efforts afin de renforcer la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples".
C'est tout de même paradoxale de récompenser du Nobel de la Paix, un homme dont le pays est en guerre, occupant militairement les territoires de l'Afghanistan et de l'Irak et ayant une zone de non-droits à Guantanamo pour ne citer que ces exemples.
Mais voilà, Barack Obama a fait des promesses : les conflits dont sont à l'origine les Etats-Unis vont être résolus, des ponts seront jetés en direction du monde musulman, il fera son possible pour voir les armes nucléaires éliminées de la surface de la Terre, la lutte contre contre le changement climatique doit être une priorité, etc....
Mais concrètement, le bilan est proche de la virginité. Ô ce n'est pas une critique mais juste un constat et qui peut paraître normal alors qu'il vient d'arriver à la Maison Blanche dans un contexte de crise financière et économique et alors même que les promesses de réformes interieures étaient importantes.
Ce prix semble être beaucoup trop rapide et vient surtout récompenser de bonnes intentions. Mais dans le cas où les promesses ne seraient pas tenues, qu'advientrait-il de la crédibilité du Nobel de la Paix ? et est-ce un encouragement ou plutôt une pression pour Obama, obligé, maintenant, de réussir ?
Et le pari ne semble pas gagné d'avance : Afghanistan et Irak ressemblent de plus en plus à un bourbier du type vietnamien, on vide progressivement Guantanamo mais pour mieux disperser aux quatre coins du monde ces détenus, les tensions avec l'Iran sont de plus en plus grandes, Obama a connu un échec cuisant au Proche-Orient avec le refus d'Israël de geler les colonisations, Israël et Palestine ne semblent pas prets de faire la paix...
Il est vrai que les tensions sont moins fortes avec le Vénezuela ou avec la Corée du Nord mais est-ce suffisant ? certainement pas.
Le principal atout de Barack Obama semble être surtout le fait de ne pas être Georges Bush le va-t-en-guerre. Aspect certainement pas suffisant pour recevoir un prix Nobel.
Mais bon, certains applaudissent cette attribution, ce symbole, surtout ceux qui crient au miracle au moindre mouvement du président états-unien et ceux qui le font par respect du politiquement correct. Et il y a ceux qui critiquent cette trop hâtive récompense comme les Talibans ou par des personnes plus respectables et fréquentables comme Lech Walesa.... Enfin, il est surtout surprenant de voir la réaction de certains UMP défendant l'idée que leur cher Sarkozy méritait davantage ce prix, qu'ils sont drôles ceux-là....
Mais maintenant, à Obama de nous prouver qu'il mérite bien ce Nobel de la Paix. Plus que des promesses, le Monde a besoin de faits....
02 octobre 2009
2ans, parabéns !
Et oui, il y a deux ans jour pour jour, j'ai ouvert ce blog. Je venais d'arriver à Lisbonne dans le cadre du programme Erasmus. Après quatre semaines dans la capitale portugaise et quelques jours de réflexion, j'ai décidé de devenir un blogueur parmi les millions de blogueurs qui hantent la toile.
Je souhaitais surtout faire partager mon expérience, garder un lien avec la France puisque le public visé par mes écrits étaient la famille, les amis en priorité.
J'étais sur les rives du Tage pour une année, je réalisais enfin un long rêve/projet datant de mon retour en France en 2002 après une année passée à Coimbra pour un service volontaire européen.
Progressivement, plus que mon sentiment sur l'Erasmus, j'ai ressenti l'envie, le besoin de m'exprimer sur des sujets d'actualités ou des thèmes me touchant parce que j'appartiens à ce groupe de personnes qui ne peuvent pas passer une journée sans parcourir les sites d'infos, les journaux. Je suis curieux, j'aime me tenir informé pour "rester au courant", découvrir, connaître, approfondir, me faire un avis. Et avec un brin de narcissisme assumé, je me suis dit que mon avis, ma vision des choses n'étaient pas plus inintéressants que ceux de la majorité de la population et que ça ne coûtait rien de les partager sur ce blog.
Donc, voilà, depuis deux années, je m'exprime sur tout et rien, selon mes envies et inspirations.
Ce n'est pas toujours facile de garder un rythme régulier. Il y a des périodes plus calmes (l'été est fatal...) et d'autres où les posts sont plus nombreux.
Des envies de m'exprimer plus sur la politique à un moment donné, sur la culture, le foot, la société à d'autres. Et puis, je me dévoile un peu aussi. Ô ça reste toujours dans certaines limites, je ne suis pas un exhibitionniste de la vie privée et ce n'est pas le but de ce blog. Les voyages ont une place importante en raison peut être de l'origine de cette tribune naît alors que j'étais à l'étranger mais aussi parce que le voyage à une place centrale dans ma vie. Le Portugal, autre pays de mon coeur (mais chut, il ne faut pas le dire aux Portugais de mon entourage). La Hongrie, pays que je découvre au fur et à mesure. Ils sont indissociables de ce que je suis sans oublier les autres destinations....
Enfin, je ne vais pas non plus faire dans l'hommage larmoyant...
Je suis juste heureux à l'idée que ce blog fête ses deux ans, je ne pensais pas, honnêtement, tenir si longtemps. J'espère que l'aventure va encore durer un moment. En fait, non, je n'espère rien car pour ceux qui me connaissent, je ne suis pas quelqu'un qui vit dans l'espérance. Je vis et je vois. adepte du Destin ? peut être... Mais surtout confiant en moi.... Donc pour ce blog nous verrons, vamos ver, ce qu'il en advient...
Et merci à ceux qui passent sur ce blog et qui prennent un peu de plaisir à me lire que ce soit par habitude ou par "accident" amenés par un moteur de recherche....
30 septembre 2009
l'Irlande va-t-elle voter Tony Blair ?
Encore quelques heures et l'Europe va pouvoir souffler ou s'étrangler selon la réponse des Irlandais lors du référendum sur le Traité de Lisbonne organisé ce 2 octobre.
Après le refus massif de la population de l'Eire en juin 2008 (53% de contre), l'Union a fait le choix de ne pas stopper le processus de ratification du Traité par les Etats membres, comme ce fut le cas avec le Traité Constitutionnel Européen en 2004 suite aux refus français et néerlandais, mais de faire revoter l'Irlande. On peut se poser la question sur les raisons de cette différence de
traitement mais soit, une décision fut prise.
A ce jour, 26 des 27 pays de l'UE ont ratifié le traité même si les présidents polonais et surtout tchèque tardent à l'acter. Et que la France et les Pays-Bas ont fait le choix de ne plus donner la parole à leurs peuples afin de ne pas prendre le risque d'un nouveau non.
Reste l'Irlande, mais les derniers sondages promettent une victoire du camp du oui cette fois-ci....
Je ne vais pas redonner ma pensée sur ce Traité de Lisbonne l'ayant déjà fait précédemment : en route vers l'adoption du traité de Lisbonne...
Mais je vais plutôt faire écho à un article de Jean Quatremer sur son libéblog : les coulisses de Bruxelles.
Selon lui, en cas de réponse positive ce 2 octobre du côté de Dublin, la porte serait grande ouverte pour Tony Blair et sa nomination en tant que 1er Président du Conseil Européen. Oubliée sa vision libérale, et surtout son soutien aveugle à l'administration Bush qui crachait sur cette "vieille Europe" lors de la guerre en Irak. Car comme le dit un diplomate français cité par Quatremer : "Personne n'a osé s'opposer à Barroso. Qui osera dire non à Tony Blair ?"....
Le nom de l'ancien 1er ministre britannique n'est pas une surprise et il circule depuis un moment déjà mais ne pouvait-on pas espérer mieux ?
En effet, quel symbole est envoyé aux Européens lorsque l'on voit le profil de ceux qui pourraient être à la tête de l'UE ? Tony Blair et José Barroso...
Certains vont tenter de nous vendre cette image de parité entre le portugais de droite et l'anglais de gauche... Mais le clivage est peu visible quand on y regarde de plus près. Blair est qualifié d'europhile mais c'est un europhile à la britannique, donc à minima, un unioniste et non un fédéraliste. Barroso, quant à lui, à prouver lors de son dernier mandat qu'il était surtout une marionnette à la solde des libéraux dont il fait partie tout comme Blair, se distinguant surtout pas sa médiocrité. Ces deux hommes ont soutenu Bush, allant contre le refus de cette croisade exprimé massivement par les peuples européens. Ces nominations symbolisent une Europe s'éloignant toujours plus de ses citoyens aggravant la crise de confiance entre eux et les institutions de Bruxelles. Cette Europe des petits arrangements entre amis, entre puissants. Cette Europe qui manque de courage ou le repli sur soi devient une tendance inquiétante.
Autre symbole, la perte d'influence de la France grandissante au sein des instances européennes malgré les affabulations de Sarkozy, s'auto-proclamant comme un Grand et Influant d'Europe. En effet, Barroso confirmé, Blair nommé à la tête du Conseil, il ne reste plus qu'un poste de premier plan, celui de Ministre des Affaires étrangère ou selon le terme correct ; Haut représentant de l'Union pour la politique étrangère et la politique de sécurité, poste qui semble promis à l'Allemagne. La France devra donc se "contenter" du marché interieur, récompense faite à Michel Barnier. Et cela parce que Sarkozy a renoncé/refusé de défendre la candidature de François Fillon ou de Alain Juppé au poste de président du Conseil (même si aucune de ces candidatures ne m'enthousiasmait). Pourquoi ? Soumissions aux Britanniques ? Manque d'implication dans les affaires européennes ? ou peur de la concurrence au sein de son propre camp politique ?
Ce qui se confirme, c'est que l'Europe continue de dériver. On accusera les Irlandais d'être à l'origine d'une crise européenne en cas de non au référendum même si certains dirigeants ont sous-entendu que le traité pourraient être appliqué dans les pays l'ayant ratifiés. Mais en cas de oui, L'Union sortira-t-elle de la crise dans laquelle elle est engluée depuis plusieurs années ? Il est peu probable...
25 septembre 2009
Circulez, y a plus de Jungle....
La "Jungle" n'existe plus grâce à Besson, l'ex-homme de gauche devenu le plus sarkozyste des sarkozystes. Et il faudrait presque l'en remercier, lui et bien sûr, celui sans qui rien ne serait possible son cher Nicolas Sarkozy. Ô oui, à l'entendre, il a sauvé la vie de ces centaines de clandestins en décidant de détruire cette "jungle", cette zone de non-droit, ce royaume des passeurs et profiteurs de la misère humaine, ce site insalubre mettant en péril la vie de ses habitants. Ô oui, remerciez-le, vous citoyens français, défenseurs des Droits de l'Homme, habitants du Calaisis pour cette action charitable.
Avec la destruction de la "Jungle", il nous le promet, la ville sera débarrassée du problème des clandestins, les passeurs s'enrichissant sur les espoirs des clandestins ont été chassés. Une nouvelle ère s'ouvre.
Et bien sûr, tout cela s'est fait sous les yeux des caméras afin de faire la Une de tous les JT et pour prouver au gentil Français assis devant son téléviseur que ce Gouvernement s'attaque de front aux problèmes du pays. Et pour couronner le tout, M. Besson a débarqué quelques jours plus tard pour parader et s'auto-féliciter....
Mais le problème est que cette destruction n'est qu'une action de communication en faveur de Sarkozy et ses sbires sur le dos de la misère humaine, encore une fois.
En effet, Besson avait pris soin d'annoncer la fin de la "Jungle" bien avant de passer à l'acte, laissant le temps à une grande majorité des occupants de ce no man's land de fuir en attendant de voir l'orage passé.
Si j'étais mauvais langue, je dirais que cette annonce "préventive" a eu pour mérite de faire fuir les clandestins qui furent arrêtés lors de la précédente action de communication du Gouvernement en mai dernier. Ça n'aurait pas été du meilleur effet, de retrouver des personnes arrêtées quelques mois plus tôt car cela aurait obligé Besson a reconnaître que la quasi totalité des clandestins furent relâchés peu de temps après et qu'ils étaient revenus dans le Calaisis pour tenter de rejoindre l'Angleterre.
Autre "problème" la majorité des personnes arrêtées cette fois-ci sont mineures et donc inexpulsables. Donc devront rester en France. Mais légaliser leur présence est une solution refusée car elle encouragerait d'autres arrivées encore plus importantes. Alors pour le moment, ces jeunes sont dispersées un peu partout en France avant de retrouver la "liberté" et la route vers Calais car étape obligatoire pour le passage outre-Manche.
Autre profil ; les Afghans... Eux aussi déclarés inexpulsables en raison de la situation dans le pays. Et oui, les Occidentaux, notre Président en tête, ne cessent de nous expliquer que la guerre puis l'occupation de l'Afghanistan, toutes deux illégales, permettent d'avancer sur le chemin de la Démocratie, que la réélection récente du président Karzaï est un nouveau pas dans ce sens, oubliant que cette victoire est aussi le fait d'une fraude massive en sa faveur (on apprend par la même qu'une fraude afghane et beaucoup moins grave qu'une fraude iranienne...) mais malgré cela, les Afghans entrés illégalement en Europe ne peuvent être renvoyés car le pays est trop dangereux... Sachant que les Afghans représentent la principale communauté de la "Jungle", il ne reste plus grand monde....
Mais je suis de mauvaise foi étant un méchant socialo-gauchiste incapable de reconnaître le travail de Sarkozy & Cie. Il est vrai que la "Jungle" n'offrait pas des conditions dignes d'êtres humains. Zone insalubre, dangereuse, de non-droit et pain béni pour les mafias et autres groupes de passeurs. Personne ne dit le contraire. Et certainement pas les associations présentent au quotidien sur le terrain et tentant d'aider le mieux possible cette population au risque d'être poursuivies par la justice pour "délit de solidarité". Cette situation nécessitait une réponse des pouvoirs publics mais une réponde digne du pays qui se réclame comme celui des Droits de l'Homme.
Alors que là, nous avons un plan de communication aux dépens d'être humain en situation de misère physique et psychologique.
Mais la question est comment une majorité de la population et des médias peut être encore dupe devant le pathétique cinéma que nous offre ce gouvernement.
La fin de Sangatte décidée par Sarkozy alors ministre avait les mêmes motivations : fin des passeurs, fin des conditions de vie déplorables, fin des arrivées massives de clandestins. En 2009, le même Sarkozy, désormais Président, nous ressort les mêmes arguments pour motiver la destruction de la "Jungle" sans pour autant assumer ou même évoquer l'échec de sa politique.... Bien au contraire....
Chacun sait très bien que les clandestins qui hantaient le Calaisis reviendront, qu'une nouvelle "Jungle" verra le jour, toujours plus clandestine. Que le problème n'est pas résolu mais au contraire aggravé.
Mais voilà, nous avons un Président qui ne fonctionne qu'à renfort de coup de communication et ne doit se justifier de rien et encore moins de ses échecs... Et rappeler qu'il aime la chasse à l'immigré ne peut pas faire de mal à quelques mois des élections régionales surtout pour son électorat le plus à droite dont celui de De Villiers et du CPNT qui viennent de rejoindre le parti présidentiel....
A quand le retour de bâton ou plutôt de matraque ????
















