30 septembre 2009
l'Irlande va-t-elle voter Tony Blair ?
Encore quelques heures et l'Europe va pouvoir souffler ou s'étrangler selon la réponse des Irlandais lors du référendum sur le Traité de Lisbonne organisé ce 2 octobre.
Après le refus massif de la population de l'Eire en juin 2008 (53% de contre), l'Union a fait le choix de ne pas stopper le processus de ratification du Traité par les Etats membres, comme ce fut le cas avec le Traité Constitutionnel Européen en 2004 suite aux refus français et néerlandais, mais de faire revoter l'Irlande. On peut se poser la question sur les raisons de cette différence de
traitement mais soit, une décision fut prise.
A ce jour, 26 des 27 pays de l'UE ont ratifié le traité même si les présidents polonais et surtout tchèque tardent à l'acter. Et que la France et les Pays-Bas ont fait le choix de ne plus donner la parole à leurs peuples afin de ne pas prendre le risque d'un nouveau non.
Reste l'Irlande, mais les derniers sondages promettent une victoire du camp du oui cette fois-ci....
Je ne vais pas redonner ma pensée sur ce Traité de Lisbonne l'ayant déjà fait précédemment : en route vers l'adoption du traité de Lisbonne...
Mais je vais plutôt faire écho à un article de Jean Quatremer sur son libéblog : les coulisses de Bruxelles.
Selon lui, en cas de réponse positive ce 2 octobre du côté de Dublin, la porte serait grande ouverte pour Tony Blair et sa nomination en tant que 1er Président du Conseil Européen. Oubliée sa vision libérale, et surtout son soutien aveugle à l'administration Bush qui crachait sur cette "vieille Europe" lors de la guerre en Irak. Car comme le dit un diplomate français cité par Quatremer : "Personne n'a osé s'opposer à Barroso. Qui osera dire non à Tony Blair ?"....
Le nom de l'ancien 1er ministre britannique n'est pas une surprise et il circule depuis un moment déjà mais ne pouvait-on pas espérer mieux ?
En effet, quel symbole est envoyé aux Européens lorsque l'on voit le profil de ceux qui pourraient être à la tête de l'UE ? Tony Blair et José Barroso...
Certains vont tenter de nous vendre cette image de parité entre le portugais de droite et l'anglais de gauche... Mais le clivage est peu visible quand on y regarde de plus près. Blair est qualifié d'europhile mais c'est un europhile à la britannique, donc à minima, un unioniste et non un fédéraliste. Barroso, quant à lui, à prouver lors de son dernier mandat qu'il était surtout une marionnette à la solde des libéraux dont il fait partie tout comme Blair, se distinguant surtout pas sa médiocrité. Ces deux hommes ont soutenu Bush, allant contre le refus de cette croisade exprimé massivement par les peuples européens. Ces nominations symbolisent une Europe s'éloignant toujours plus de ses citoyens aggravant la crise de confiance entre eux et les institutions de Bruxelles. Cette Europe des petits arrangements entre amis, entre puissants. Cette Europe qui manque de courage ou le repli sur soi devient une tendance inquiétante.
Autre symbole, la perte d'influence de la France grandissante au sein des instances européennes malgré les affabulations de Sarkozy, s'auto-proclamant comme un Grand et Influant d'Europe. En effet, Barroso confirmé, Blair nommé à la tête du Conseil, il ne reste plus qu'un poste de premier plan, celui de Ministre des Affaires étrangère ou selon le terme correct ; Haut représentant de l'Union pour la politique étrangère et la politique de sécurité, poste qui semble promis à l'Allemagne. La France devra donc se "contenter" du marché interieur, récompense faite à Michel Barnier. Et cela parce que Sarkozy a renoncé/refusé de défendre la candidature de François Fillon ou de Alain Juppé au poste de président du Conseil (même si aucune de ces candidatures ne m'enthousiasmait). Pourquoi ? Soumissions aux Britanniques ? Manque d'implication dans les affaires européennes ? ou peur de la concurrence au sein de son propre camp politique ?
Ce qui se confirme, c'est que l'Europe continue de dériver. On accusera les Irlandais d'être à l'origine d'une crise européenne en cas de non au référendum même si certains dirigeants ont sous-entendu que le traité pourraient être appliqué dans les pays l'ayant ratifiés. Mais en cas de oui, L'Union sortira-t-elle de la crise dans laquelle elle est engluée depuis plusieurs années ? Il est peu probable...
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