10 mai 2009
Aujourd'hui : je me réjouis de voir le modèle français reconnu
C'est la petite sensation de la semaine qui est relayé par beaucoup de médias sans pour autant que cela ait le retentissement mérité. Le très très libéral journal britannique The Economist fait sa Une avec un Sarkozy dominant Merkel et Brown... Objectif : expliquer ou plutôt reconnaître que le modèle français est certainement l'un des meilleurs remparts pour résister face à la crise. The Economist confesse qu'il a fait partie de ceux qui considéraient que le modèle de l'Europe continentale poussé à l'extrême par la France était « sclérosé », « trop dominé par l'Etat », et que le salut résidait dans « une dose de réformes libérales à l'anglo-saxonne »… Mais il est contraint de reconnaître que le rôle de l'Etat, le système de protection sociale français, et les résidus de colbertisme permettaient aujourd'hui à la France de s'en tirer mieux que les autres pays industrialisés face à la récession....
The Economist souligne à quel point aujourd'hui le « modèle français » influence Washington et Londres, alors que la faillite de fleurons bancaires et industriels oblige les Etats à intervenir, alors que la régulation est revenue au goût du jour, alors, enfin, que des millions d'individus qui perdent leur emploi dans les pays industrialisés s'en sortent mieux dans les pays à forte protection sociale que dans ceux qui ont libéralisé sauvagemet suivant un dogme libéral anglo-saxon.
Le paradoxe est que cette très tardive reconnaissance intervient alors même que ce fameux modèle français est en péril, face aux attaques de Sarkozy qui, quant à lui, courent éperdument après le système anglo-saxon... Car ce Sarkozy qui, dans les réunions internationales, se fait le représentant de ce modèle, le héraut de la régulation des marchés, de l'encadrement du capitalisme libéral est ce même Sarkozy qui durant sa campagne présidentielle nous expliquait que le modèle français était mort, était un frein à la croissance et que nous devions nous convertir au modèle britannique et états-uniens.... C'est lui qui voulait créer un système de subprimes à la française, ah les Français devaient s'endetter comme outre-atlantique. C'est par là qu'allait passer le chemin de la croissance pour tous.... On connaît maintenant le résultat de ce modèle....
La chance de Sarkozy est de ne pas avoir eu le temps de mettre en place toutes ses réformes, la crise est arrivée sauvant en partie le modèle français mais pour combien de temps.... Car parions que pour lui, ce n'est que partie remise. Et ces réformes de la Santé, de l'Hôpital, de l'Université ne font que confirmer cette soumission au libéralisme le plus dérèglementé. Son modèle reste l'Amérique de Bush, celle qui exclue, qui donne qu'aux riches.... Putain, encore 3 ans....
06 avril 2009
Aujourd'hui : je soutiens le Mexique pour son adhésion aux USA
Le Mexique, 51e État des États-Unis d’Amérique ?, c'est le titre d'un article de Jean Quatremar, "M. Europe", sur son libéblog. Titre qui a de quoi nous surprendre. Le Mexique a-t-il demandé son rattachement au voisin états-unien ? est-ce que cette question agite la société mexicaine ? une solution pour mettre fin à l'arrivée de sans-papiers? une alternative à la construction du mur séparant les deux pays ? Le pays d'Obama pourrait gagner 100 millions d'habitants et aucun média français n'en parle ?
Angela Merkel, récemment élue Présidente de l'UE (encore une info absente des médias nationaux) a déclaré devant le Parlement à Mexico qu'elle soutenait la démarche visant à l'adhésion du Mexique aux États-Unis. Évoquant "des siècles d’histoire, de culture et de commerce partagés", rappelant que "les États-Unis doivent aborder les latinos américains comme nos amis, nos voisins et partenaires dans la lutte contre l’injustice, l’intolérance et la violence".... L'article fait, également, écho des réactions de certains États US s'offusquant de cette ingérence de l'UE dans les affaires intérieures.
Bien sur, Jean Quatremer ne nous livre qu'une fiction en réaction à l'intervention d'Obama affirmant que la Turquie devrait entrer dans l'UE. L'Obamania ambiante a fait oublier à beaucoup de médias et autres commentateurs que l'adhésion d'Ankara était avant tout une affaire européenne et ne concernait que ses membres. Et que les Etats-Unis n'avaient pas à se prononcer sur qui devait en être membre ou non.
Cette intrusion dans les affaires européennes et la non-réaction des dirigeants qu'elle a entraîné est révélatrice de l'état de l'Union actuelle. Il semble que le projet d'une Europe forte, d'une Europe politique, d'une Europe des citoyens, d'une Europe avançant vers le fédéralisme soit abandonné au profit d'une Europe - a minima - de libre-échange.
L'Union ne peut se résumer à une ALENA du Vieux-Continent comme semble la considérer/vouloir Washington. Sarkozy a rappelé son opposition à l'entrée de la Turquie. Mais ce n'est qu'une demie réaction car il s'oppose sur l'adhésion mais ne reproche pas à Obama, le fait que celui-ci s'immisce dans les affaires intérieures de l'UE. Domaine qui ne le concerne en aucun point.
On peut être favorable ou non à l'entrée des Turcs dans l'Union Européenne mais cette question ne concernent que NOUS, EUROPÉENS. Personnellement, je suis opposé à cette entrée. Je ne nie pas que la Turquie ait un passé européen, qu'une partie de sa population soit occidentalisée. Mais trop de différences persistent et Ankara est en Asie quoi qu'on en dise. Et je suis surtout favorable à une Europe fédérale qui ne peut se réaliser qu'avec un nombre restreint de membres ayant une cohésion, dans un premier temps.











