15 juin 2009
Ca ressemble à une très mauvaise blague...
La blague pourrait s'appelait, pour reprendre Jean-François Kahn dans le Marianne de cette semaine, Comment archi-perdre des élections archi-gagnables ?
Je terminais le post du 27 mai par exprimer l'espoir, un peu fou certainement, d'une dynamique socialiste dans la dernière ligne droite de ces Européennes, d'une victoire inespérée du PSE, du rêve d'un sursaut citoyen européen contre ceux qui sont à l'origine de cette Europe toujours plus libérale et qui souffre de la crise....
Mais voilà, l'Europe creuse, forcée par on ne sait qu'elle puissance, sa tombe alors que la nuit qui l'entoure est de plus en plus sombre et chaque fois qu'une lueur, ô une petite lueur apparaît au loin, elle tend le bras en sa direction, fait un pas hésitant mais fini par se prendre un grand coup de pelle dans la gueule lui rappelant qu'elle est condamnée à s'enfoncer dans l'obscurité.... Pauvre Europe, tes pères fondateurs doivent bien pleurer en voyant ce que tu es devenu....
Le verdict du 7 juin est dur, difficilement compréhensible mais est sans appel... Le PPE confirme sa domination sur le Parlement Européen alors qu'il symbolise ce libéralisme à l'origine de la crise. Le PSE est affaibli confortant Barroso à la tête de la Comission, renvoyant Rasmussen sur la touche en faveur du très peu charismatique, libéral et très maléable Portugais. Les écologistes et les libéraux progressent mais restent des seconds rôles dans un Parlement voué au bi-partisme. Et puis, beaucoup plus inquiétant, il y a cette montée ou plutôt la confirmation de la progression des nationalistes, souverainistes et autres extrême-droites (FN, FPÖ ou Vlaams Belang ne sont plus seuls, bien accompagnés de leurs camarades anglais, hongrois, slovaques, roumains, italiens, etc....). Mais encore une fois, le grand vainqueur est l'abstention, majoritaire dans quasiment tous les pays où le vote n'est pas obligatoire. Symbole d'une résignation ou bien pire d'une indifférence ?
Et la France n'échappe pas à cette tendance. L'UMP crie victoire alors qu'elle n'obtient que 28% des suffrages contre 72% d'électeurs votant pour des listes s'opposant à Sarkozy et alors que seulement 40% des électeurs se sont déplacés. Ce n'est pas vraiment un plébiscite de la politique élyséenne quoi qu'en disent les p'tits soldats de Nicolas. Les Le Pen et de Villiers obtiennent des scores relativement faibles, du moins qui n'ont plus le lustres des élections d'antan, mais ça ne signifie pas que leurs idées sont moins approuvées, juste qu'elles sont plus "respectables" lorsqu'elles émanent de membres de la majorité présidentielle. Quoi qu'il en dise, Besancenot subit une défaite en obtenant aucun élu et des scores décevants. La lune de miel se termine-t-elle ? Où est-ce juste un retour de bâton après avoir trop longtemps dénoncé les logiques d'appareils des autres alors même que la création du NPA en est un bel exemple ? L'union PC/PG a fonctionné mais est-ce l'avenir de la gauche de la gauche ? L'avenir nous le dira....
Le PS et le MODEM ont payé très cher leurs campagnes trop brouillon, axées uniquement sur l'anti sarkozysme, ratant le coche du renouvellement...
Quelle déception pour le PS alors qu'il semblait avoir toutes les armes entre ses mains pour l'emporter mais qui au contraire subit une cuisante défaite. Non, Martine Aubry n'est pas la seule coupable, bien au contraire, la faute est collective. Résultant de mauvais choix et d'un héritage dont il est impossible de se défaire en quelques mois. Et on peut encore regretter que les premiers à se jeter sur l'agonisant soient des membres de sa propre famille. Quand Valls ou Lang vont-ils comprendrent qu'ils jouent le jeu de la Droite ?
Le PS doit se consacrer à ce qu'il semble être une interminable reconstruction mais pas facile quand on ne cesse d'ébranler les échafaudages....
Ah mais le grand vainqueur proclamé est Daniel Cohn-Bendit, lui plutôt que Europe Ecologie.... Faisant jeu égal avec le PS. Mais ne nous leurrons pas, ce résultat est plus le fruit d'une campagne bien menée sur un thème, l'Europe, qui est un point fort d'un parti à la pointe de l'organisation à l'échelle européenne. Ils ont été les seuls à parler d'Europe. Ont réussi à mettre en sourdine les luttes internes entre les innombrables courants. Qu'en sera-t-il dans quelques mois ? Ce semblant de renouveau, de statut de force émergente repose sur Cohn-Bendit, mais voilà, les Verts ne supportent pas d'avoir de leaders trop charismatiques. Et ne réussissent jamais à confirmer un bon résultat. Alors pourquoi le feraient-ils cette fois ?
Quel bilan ? Le libéralisme l'emporte contre toutes attentes dans l'Union et en France. France qui semble avoir en quelques mois fait le deuil du Modèle particulier et unique qu'elle incarnait. Les forces de Gauche se prennent une claque, la Droite l'emporte mais qu'en apparence. Car l'abstention incarne surtout la défaite de l'Europe, de ses citoyens et de ceux qui révèrent au lendemain de la 2nde Guerre....
La nuit va être longue...
27 mai 2009
Aujourd'hui : je me demande pourquoi voter le 7 juin
Si on écoute les médias, les élections des députés français au Parlement Européen le 7 juin prochain sont déjà jouées... L'abstention sera très importante. Quel suspens, va-t-on battre les précédents taux d'abstention ? L'UMP va l'emporter, le PS sauvera à peine les meubles face à Bayrou et on félicitera les Mélenchon et autre Besancenot de leurs scores, Cohn Bendit fera le spectacle comme d'habitude et on entendra, encore une fois, que le FN est mort.... Alors pourquoi voter ?
Il est clair que les médias ne favorise pas la mobilisation mais les politiques ne sont mieux à ce petit jeu.
Dire sans cesse que le taux d'abstention sera important parce que les Français ne s'intéressent pas à l'Europe est faux. Oui, le taux de participation est faible et il l'est de plus en plus mais est-ce sans raisons ? Mises à part les quelques semaines qui précédent le scrutin, entend-on parler du Parlement, des députés, des décisions prises, de leurs pouvoirs, etc.... Non. Ah on se donne bonne conscience en faisant des émissions et autres pages spéciales pseudo-pédagogiques à l'approche des élections mais ce n'est pas comme cela que l'on mobilise. L'Europe et ses institutions se sont, au fur et à mesure, déconnectées d'avec les citoyens européens. Et ce n'est pas arrivé par magie, c'est la faute des médias mais aussi et surtout des politiciens et partis... Combien de silences et accusations faciles ont ruiné les quelques tentatives de convaincre du rôle essentiel du Parlement Européen ? Comment faire le poids devant le fameux "c'est la faute de Bruxelles" ?
L'Europe peut mobiliser ; pour souvenir le référendum du traité constitutionnel.
Mais voilà, encore une raison de démotiver : ce fameux traité rejeté par une majorité indiscutable de Français et qui est reproduit presque à l'identique dans le traité de Lisbonne défendu par Sarkozy et adopté par le Parlement français. N'est-ce pas ce foutre des Français ?
Puis il y a l'épisode Yade/Dati : la première qui refuse d'aller à Strasbourg préférant une responsabilité nationale afin de rester sur "scène", pourquoi pas... La seconde obligée d'y aller car trop contestée à la Chancellerie et ne pouvant pas être jetée comme une malpropre. Donc c'est direction l'Europe comme placard doré et sa non-implication, son manque de sérieux et de motivation sont flagrants...
Et que dire de tous ces députés élus ne siégeant pas ou qui démissionnent à la moindre occasion de revenir au pays ? Quel message nous font-ils passer ?
Ce qui semble être une mauvaise blague : le découpage en pseudo-circonscriptions-grandes-régions-qui-ne-correspondent-à-rien. Un retour à une unique circonscription semble être plus que souhaitable pour rendre plus lisible l'élection mais aussi pour en faire un enjeu national.
Enfin les fameux sondages dont les médias et que l'UMP aiment tant. On clame partout que l'UMP va l'emporter. Sarkozy qui est tellement contesté par ces dangereux gauchistes va recevoir le soutien des Français, il semblerait sauf si on fait un peu plus attention aux fameux sondages... Oui l'UMP est en tête mais avec 28% en moyenne, est-ce une majorité ? Si c'est le cas, j'ai du rater des cours de math... Sachant que aucun autre parti ne soutient Sarkozy, cela veut dire 28% contre 72% d'opposition !!! Là, je suis d'accord, il y a une majorité indiscutable mais elle n'est plus en faveur de l'Elysée. Et puis ce sont des sondages nationaux qui ne correspondent pas au scrutin par grandes régions... Donc quelle valeur leurs donner ?
Et malheureusement, tous les partis sont coupable de se désamour. L'UMP nous explique clairement que nous, citoyens, n'avons aucun poids. Que le Parlement est une punition pour ses membres. Nous ment sur l'Europe qu'ils souhaitent. Tente de nous refaire le coup de la Turquie en oubliant de préciser que Chirac avait inscrit dans la Constitution que chaque nouvelle adhésion devait faire l'objet d'un référendum mais que Sarkozy, peu de temps après avoir été élu, a apporté une modification en permettant au Parlement français de se prononcer sur la question, évitant ainsi le référendum... Le MODEM a renoncé à ses campagnes pro-européennes qui faisait la force de Bayrou lors de ce scrutin. Les Verts font des propositions intéressantes mais sont peu audibles. Les eurosceptiques et europhobes (Besancenot, Mélenchon, De Villiers, Le Pen & Co) foisonnent... Et le PS a du mal à faire LA campagne parfaite. Trop d'hésitations, un peu trop de flou.... Alors qu'ils dénoncent cette Europe que nous ne voulons plus, cette Europe a minima voulue par Barroso, Sarkozy et autres ultras-libéraux. Cette Europe commerciale, déréglementée, refusant toute Europe sociale...
Espérons que Martine Aubry et l'ensemble du PS arrivent à créer une véritable dynamique au cours des quelques jours qui nous séparent du vote du 7 juin. Une victoire du PS et du PSE ne serait pas synonyme d'une révolution à Bruxelles et Strasbourg mais permettrait, du moins, d'avancer vers une Europe sociale dont nous avons besoin. Et puis pourquoi ne pas rêver un peu, permettrait peut être de commencer à construire un capitalisme alternatif à celui qui fut tant décrier au pic de la crise mais que la grippe A a fait oublier... La route est encore longue mais nous pouvons y arriver en avançant pas à pas et en se donnant toutes les chances... Et il semblerait que la meilleure des chance d'atteindre cet objectif est de voter massivement et ce en faveur du PSE...
15 avril 2009
Aujourd'hui : je me souviens.... de Chirac
Ah c'est ZE info politico-people de la semaine : le fameux sondage Paris-Match sur la popularité de nos chers Politiques. Et là, quelle "surprise" : Nicolas Sarkozy - M. J'ajuste ma politique selon les sondages et les plans com'- est renvoyé dans les cordes : 33ème juste entre Fabius - l'éléphant maudit du PS - et son ministre de l'armée a qui on coupe les budgets - Hervé Morin. Seul réconfort : Ségolène - je vais plomber tout le monde à coup de chabichou - Royal est derrière (36ème).
Ce classement est dominé par des habitués : Bernard - PS traître - Kouchner (3ème), Mister Culture - Jack Lang (6ème), François - bah il est pas méchant - Bayrou (10ème),... Mais aussi par des "révélations" : Martine - Queen of PS - Aubry passe en 8ème position, DSK de Washington est 5ème, Bertrand Delanoë en recul de tout se réconforte en étant 4ème, ... On retrouve également plusieurs "non je ne m'oppose pas à Sarko, j'apporte ma contribution" de la majorité présidentielle : Dominique - fuck USA - de Villepin est 20ème, Rachida Daty - future ex-Miss place Vendôme et prochaine Miss Choucroute garnie de Strasbourg - est 11ème, Rama Yade - celle qui a dit NON - quant à elle est 2ème. On peut imaginer que Sarko enrage. 
Mais le pire du pire. Encore plus grave qu'une rupture de stocks chez Rolex c'est le fait que Chirac soit en tête de ce classement. Oui, l'ancien président que Sarko et son staff UMPesque tente de ringardiser occupe la première place. On peut imaginer la colère envahissant le (petit) corps de notre Président, la multiplication des spasmes et autres tics déjà très nombreux habituellement. Quelle trahison du si coopérant Paris-Match, mettre le caresseur de cul de vache en tête alors que M. je-pense-avoir-bon-goût est renvoyé parmi les has-been.
Si ce n'est l'aspect réjouissant de cette petite humiliation pour Sarkozy, il ne faut pas se leurrer. Il est clair que Chirac bénéficie d'une prime accordée au prédécesseur ainsi qu'une autre pour le fait qu'il peut être populaire maintenant qu'il est retiré de la Politique. C'est l'histoire de Chirac, il monte (mangez des pommes), il baisse (grève de 95 et dissolution), il monte (cohabitation avec Jospin), il est au sommet (2ème tour contre le Pen et le NON à la guerre d'Irak) et chute (fin du quinquennat).
Il est le premier ex-Président a bénéficié de cette prime au prédécesseur : De Gaulle, Pompidou, Mitterand sont morts trop vite et VGE avait encore des ambitions politiques après 81. Chirac, lui, il s'est retiré et ne représente donc plus un risque. La mémoire collective préférant zapper le négatif pour ne se rappeler que du positif, Chirac est donc celui qui mange des pommes, celui dont la marionnette fait tant rire aux Guignols, celui qui a défendu une certaine grandeur de la France en s'opposant fermement à Bush et ses potes, celui qui a menacé "you want me to go back to my plane ?", celui qui avait une véritable Culture, celui qui a voulu le musée du Quai Branly, celui qui a alerté le monde sur le fait que "la maison brûle", celui qui a offert une image de papy campagnard-franchouillard kiffant le salon de l'agriculture et la bonne bouffe bien de chez nous. Ça c'est Chirac, on oublie les grèves, les affaires, l'arnaque de la "fracture sociale" etc....
Mais, est évident l'échec de la stratégie médiatico-politique de Sarkozy. Si Chirac est aussi populaire, c'est aussi parce que l'actuel Président est devenu inaudible, que les Français prennent conscience qu'il n'est pas l'Homme de la situation, qu'il n'a fait que mentir, qu'il n'est pas là pour eux mais pour défendre ses amis les plus riches, qu'il salit l'image de la France. Favorisant la nostalgie, le "c'était mieux avant". Chirac n'aurait peut-être pas fait mieux mais il aurait fait différemment.
pour retrouver le classement intégral : Sondage Paris-Match
et un article de Rue89 assez sympa qui m'a inspiré pour le titre : Chirac nouvelle idole des Français
21 janvier 2009
Plan de relance de Martine Aubry
retrouvez le plan de relance proposé par Martine Aubry et le Parti Socialiste. Un plan beaucoup plus axé sur la consommation et donc en direction des Français plutôt que vers les banquiers et autres industriels comme dans celui mis en place par Sarkozy et ses amis de l'UMP...
"Agir contre la crise"
par publicsenat
01 janvier 2009
Voeux de Martine Aubry
Retrouvez les voeux de Martine Aubry :
Les voeux de Martine Aubry pour l'année 2009
envoyé par PartiSocialiste
On peut regretter que ces voeux soient si courts et qu'ils soient un peu légers mais bon, ce ne sont que des voeux diffusés sur le net et non pas sur une grande chaîne en prime time.
On attend surtout qu'elle agisse afin de reconstruire le PS et de remobiliser les militants afin de redonner cette place de leader de l'opposition qu'il mérite. Incarnant une opposition active au Sarkozysme et proposant un véritable projet.
Enfin, un Politique de premier plan évoque les élections européennes qui auront lieu dans quelques mois. Elections qui sont totalement ignorées dans les médias et dans les discours de nos dirigeants alors même que ces élections sont importantes.
Car l'UE est régulièrement critiquée, attaquée (avec justifications très souvent) mais la participation aux européennes est toujours très basse. Alors même que le Parlement est la seule instance véritablement démocratique de l'Union. Une mobilisation forte permettrait d'influer un minimum sur les décisions prises.
Mais voilà, les Français préferent, en majorité, l'abstention ou le vote "protestataire" ou europhobe. Sans tenir compte de l'absentéisme de ces mêmes députés.
Parce que les partis aiment critiquer l'UE mais se taisent quand est évoqué que beaucoup de leurs députés ne se déplacent pas. Mais ceux-ci sont heureux de recevoir leur salaire de député strasbourgeois....
Il serait intéressant que des députés qui seront élus cette année proposent que le salaire soit fixé en fonction de la participation aux travaux du Parlement.... Mais il peu probable que cela arrive...
Sauf si Benoit Hamon, n°2 du PS et député européen et souhaitant le rester ne considérant pas ce poste comme un placard ou une place en attendant mieux, prenne l'initiative....
27 novembre 2008
Avançons maintenant, Camarades !!!
Le Parti Socialiste a, ENFIN, un nouveau leader en la personne de Martine Aubry (ce qui ne peux que me satisfaire ayant voté pour elle et sa motion dès le départ).
Mais ce ne fut pas sans douleur et on peut se demander ce qui adviendra du parti car des dégâts ont été causé et on peut se demander s'ils sont réparables.
Il y a encore quelques semaines, un duel Delanoë / Royal était prévu. Finalement Martine Aubry est passée devant le maire de Paris dans la course à la direction du PS. Faisant de lui le grand perdant de ce Congrès de Reims. Quant à lui, Benoit Hamon, pourrait recevoir le titre de révèlation de l'année. Devenant un acteur principal du feuilleton socialiste.
Martine Aubry, de son côté, serait couronnée du titre de meilleure Come-back car qui aurait prédit sa victoire au printemps ? Pas grand monde !!!
Et Ségolène Royal, quel prix mérite-t-elle, me demanderez-vous.
Si j'étais diplomate, je lui attribuerais celui de meilleure espoir mais bon, ce titre, elle le traine depuis déjà quelques temps sans pour autant confirmer... Et puis, suis-je vraiment diplomate ? P'tet que non ! Donc, on pourrait lui remettre le titre de meilleure ennemie du PS ? Où pour reprendre un lexique qu'elle aime, celui de Judas ?
Je suis partisan du rassemblement afin de reconstruire le Parti pour qu'il assume pleinement son rôle d'opposition au gouvernement Sarkozy ainsi qu'en devenant une force de proposition de réformes, portant une politique ancrée à gauche.
Mais avec qui rassembler...
Car on ne peut impunément attaquer avec une telle violence sa "famille" politique sans qu'il n'y ait de conséquences.
Et il sera difficile de faire comme si rien ne s'était passé.
Je pense que dès la fin du Congrès, le camps Royal a senti le vent tourner et a tenté de convaincre les militants socialistes que leur motion l'avait emportée mais 29% n'est pas la majorité, principalement lorsque d'autres motions sont à 5% de ce même résultat. Au 1er tour, Royal est encore arrivée en tête mais avec 40%, encore une fois ce n'est pas la majorité, mais même réaction de son camps.
Enfin, le 2ème tour, a vu la victoire de Martine Aubry. De peu, personne ne le nie. Mais pour l'emporter, 50% plus une voix étaient demandés, rien de plus.
Et 50% et une centaine de voix font une majorité. Ce que 29% ou 40% n'ont jamais fait.
Ce que l'on peut condamner, c'est l'attitude du camps Royal qui a refusé de reconnaître sa défaite. Ségolène enchainant les émissions TV ou radios se faisant passer pour la victime d'un horrible vol, d'un dénie de démocratie. Alors que, dans le même temps, ces lieutenants, Manuel Valls en tête, envoyez des attaques plus violentes les unes des autres (accusations de tricheries -alors que des cas litigieux se rencontraient dans les deux camps - appel à la "révolte des militants", à des manifestations, menace de poursuites en justice, etc).
Au final, la commission de récolement a donné son avis et le Conseil National a tranché.
Martine Aubry l'emporte avec une centaine de voix d'avance et non plus 42 comme déclaré dans un premier temps.
On ne peut que se féliciter des premiers propos de la Maire de Lille et nouvelle 1ère Secrétaire, appellant au rassemblement, au renouvellement afin de combattre la politique destructrice de Sarkozy, faisant cesser les rires de l'UMP. Le PS avait besoin d'un leader qui puisse s'imposer, s'engager mais aussi être à l'écoute des militants et des Français. Martine Aubry possède ces qualités.
Et encore une fois, on ne peut que regretter que la première réaction de Ségolène Royal fut de rappeler que, désormais, son objectif était 2012... (sous-entendu, elle n'en a rien à faire du PS, seul compte ses propres ambitions ????). Position que son fidèle bras droit durant cette campagne, Vincent Peillon, a rejeté en rappelant que la priorité était de reconstruire le PS.
L'heure du rassemblement des véritables socialistes est-elle arrivée ? Espèrons le.
Dans quelques jours, Martine Aubry va dévoiler la constitution de son équipe dirigeante. On peut penser qu'elle laissera la place à de nouvelles "têtes" parmi lesquelles Marylise Lebranchu, Adeline Hazan - la maire de Reims -, Christophe Borgel -adjoint au maire de Villepinte-, et bien sûr Benoit Hamon.
Enfin, immense satisfaction personnelle, Martine Aubry a confirmé qu'elle continuerait de diriger Lille et la Métropole....
07 novembre 2008
Un retour presque Royal
C'est fait, à quelques jours du Congrès de Reims, les adhérents du Parti Socialiste se sont prononcés sur les motions en lice. Et ce qui ressort de cette consultation est qu'aucune d'elles n'est réellement en tête.
Certains célèbrent la victoire (inattendue) de Ségolène Royal, mais est-ce vraiment une victoire ? Car elle l'emporte, certes, mais avec moins d'un tiers des suffrages. Loin des 60% du vote interne l'ayant désigné comme candidate à la présidentielle. Et ce score de 29% l'oblige à une alliance afin de s'imposer à la tête du parti.
Mais dans ce cas, avec qui ?
Delanoë, très longtemps favori et qui espérait obtenir la majorité il y a encore peu de temps, obtient 24.9% des voix. C'est une déception pour lui. Il a finalement souffert d'une campagne où il est apparu avant tout comme le candidat du statu quo, recevant le soutien des vieux éléphants (Hollande, Jospin,...) et puis en pleine crise financière, être le candidat incarnant la gauche libéral n'est pas des plus favorables. Il semble qu'une alliance entre la Poitevine et le Parisien semble peu probable dans le cadre d'une union exclusive entre ces deux motions, tant l'animosité entre eux est forte.
Martine Aubry, quant à elle, est revenu sur le devant de la scène. S'offrant un inattendu come-back au sein du parti mais aussi dans le paysage politique français alors que beaucoup la pensaient définitivement hors-jeu, cantonnée à la mairie de Lille. Mais sa force de caractère et son pouvoir de synthèse entre socio-démocrates et gauche du parti a séduit.
Aubry / Royal ? Est-ce possible ? Une fusion entre motion pourrait l'être mais dans ce cas Royal devrait renoncer à prendre la direction du Parti, semble-t-il.
Ce qui est certain est qu'aucune majorité ne se fera sans la maire de Lille.
Enfin, il y a le cas Benoît Hamon qui avec 19% démontre que l'envie de Gauche au sein du Parti Socialiste est tout sauf négligeable.
Nous sommes donc entrés dans une phase de négociations dont l'épilogue sera certainement réalisé à la dernière minute.
Aucune majorité claire, 4 motions proches les unes des autres, une "victoire" de la candidate la plus contestée au sein du parti socialiste... On peut craindre le pire.
Au lendemain de ce vote, Mélenchon et Dolez annoncent leur départ, n'acceptant pas ce résultat mais en étaient-ils encore membres ? Nous pouvons en douter... Départs qui ne représente qu'un épiphénomène, du moins dans un premier temps.
Le risque principal est de voir le PS, encore une fois, sacrifier l'intérêt du parti sur l'autel du sacro-saint consensus. Replongeant dans l'incapacité d'agir, de se prononcer, de proposer un véritable projet de société, bloqué dans ces luttes internes, s'accrochant à un fragile équilibre comme se fut le cas pendant la direction d'Hollande. Au risque de se perdre....
Alors si le respect du vote des adhérents oblige à donner une place centrale à la motion de Royal, on peut penser que celle-ci ne soit obliger de renoncer à la direction du parti Socialiste, cédant la place à un fidèle. Le nom de Vincent Peillon circulant beaucoup dans le petit monde médiatico-politique.
Et si une surprise se produisait car les candidatures sont libres, imaginons que faute d'accord les Royal, Aubry et Delanoë partent chacun de leur côté dans la course, soit en présentant une propre candidature, soit en envoyant des proches, Benoit Hamon confirmant son souhait de diriger le parti obtiendrait à la surprise générale le score le plus important....
Oh très peu probable car le PS n'aime pas les révolutions. Les choix que les adhérents font peuvent être déconcertants comme ce fut encore le cas avec la ""victoire"" de Royal mais n'est jamais aussi fou. Comme si la certitude de perdre devait tout de même s'accompagner d'un peu de démagogie faisant croire à la victoire...
04 novembre 2008
Où quand l'âne américain fait disparaître les éléphants français....
C'est enfin le Grand Jour. Au contraire du Grand Soir, pas de Révolution mais une révolution, peut-être. Dans quelques heures, nous connaîtrons le nom du prochain Président états-unien. Et tous les médias s'accordent sur une chose, les chances pour Barack Obama de l'emporter sont très grandes. Voire, la victoire semble être assurée. Et donc une révolution car un métis (et non un noir comme on l'entend quasiment systématiquement) à Washington ce sera une première, au risque de déplaire aux nombreux racistes qui peuplent encore la (actuelle) première puissance mondiale. Cette élection fait donc la Une et est le sujet central de l'Information. On ne parle plus que de ça. Aucune autre élection étrangère ne fait l'objet d'une telle couverture des médias français et le "phénomène" Obama n'y est pas pour rien.
La crise économique est progressivement écartée ou, du moins, a perdu son statut de Une. Où alors traitée sous l'angle américain. Mais ce n'est, certainement, que provisoire. L'élection passé et en attendant l'investiture du prochain président US, la crise sera à nouveau l'objet de toute les attentions. Et, heureusement, les émissions d'information, de reportages, d'actualités sont là pour nous abreuver de notre quota quotidien de Crise.
Mais cette élection condamne une autre consultation à une relative indifférence. Celle du congrès du PS. Alors même que dans le contexte actuel, le principal parti d'opposition devrait être actif, visible, offrir une image d'unité face au repenti (en apparence) libéral qu'est Sarkozy. Malheureusement, cette relégation du PS nous rappelle que si Sarko fait ce qu'il veut, c'est parce qu'il a tous les pouvoirs mais aussi parce qu'il n'a pas, en face de lui, une opposition assez forte.
Même si on peut regretter l'indifférence, on peut la comprendre car depuis des mois, il n'existe pas un seul message, une seule voix audible au PS. Les cadres du parti ont eu tendance à se concentrer sur l'enjeu que représente Reims. Et les médias ont tenté d'informer (peut être pas suffisamment ou mal). Mais lorsque l'on entend parler de motions, de tendances, de courants, de luttes internes, de ralliements, il est difficile pour quelqu'un en dehors du "sérail" de suivre. Car comment comprendre qu'au sein d'un même parti, on dise qu'un Delanoë est différent d'un Hamon, que Aubry ne peut s'allier avec Royal, car ne défendant pas les mêmes idéaux ou projets.
Si aux États-Unis, la victoire semble promise, sauf énorme surprise, à Obama (quoique, personnellement, je préfère me dire qu'on ne sait jamais et que McCain pourrait créer l'évènement). En France, personne, pas même les journalistes politiques les plus devins, ne se risque à un pronostic à propos du Congrès de Reims.
Bien sûr, les motions B et F seront minoritaires et ne prétendent pas s'imposer. La motion de Benoît Hamon, quant à elle, ne cesse de progresser au point de représenter un sérieux outsider aux trois autres motions, celles de Delanoë, Aubry et Royal. Ce qui semble certain est qu'aucune motion n'aura la majorité et une alliance va être nécessaire pour s'imposer. Et dans ce cas, tout semble être possible : un front anti-Royal avec Aubry/Delanoë, ou une union Royal/Aubry contre le trop libéral Delanoë, une coalition Aubry/Hamon... Mais dans chaque situation, l'acteur clef est Martine Aubry. Elle qui, peu à peu, s'est imposer dans cette course au Congrès sur les deux hypers favoris Royal, progressivement écartée car jugée trop individualiste et ne pensant qu'à 2012 et Delanoë, trop ambitieux, trop libéral (handicap en période de crise économique), et présenté comme étant dans la continuité de Hollande.
J'espère que la motion de Martine Aubry va s'imposer car elle représente cette Gauche raisonnée et raisonnable mais assumée dont la France a besoin et qui doit être assez forte pour s'opposer à la casse de notre modèle sociale mise en place par Sarkozy afin de plaire à ses amis. Et si dans l'éventualité, probable, d'une alliance nécessaire, je souhaite que celle-ci se fasse avec Benoît Hamon. Cela peut surprendre car il représente la gauche du PS. Mais le parti n'a-t-il pas besoin de cela, d'une union forte, de confiance, franche, entre sociaux-démocrates modérés et la gauche du parti. Entre personnes qui pensent à l'avenir de la France et des Français, plus qu'à 2012 et à des intérêts personnels.
Une union qui verrait un PS ouvert, conscient de la réalité actuelle et ayant comme ambition de devenir acteur plutôt que spectateur ou instrument.
02 mars 2008
Elections Wars, épisode II
Vous aviez aimé le premier épisode qui a vu la victoire de Dark Sakorzy et son armée de soldats UMP en 2007, alors vous aimerez certainement le seconde épisode qui sort les 9 et 16 mars prochains, une semaine de suspense et d'attente avant de savoir... En effet, Dark Sarkozy l'avait emporté relativement facilement sur la Jedi Ségo trop inexpérimentée pour certains, ou plutôt trop maladroite dans l'organisation du combat... Mais voilà, quelques mois après son sacre d'Empereur, Dark Sarko a perdu le soutien de son peuple... La résistance au pouvoir hégémonique de celui-ci et de ses troupes va t'elle réussir à remporter cette nouvelle bataille qui s'annonce ?
Plus sérieusement, ces élections municipales qui s'annoncent sont intéressantes car alors qu'elles devaient être une nouvelle consécration pour la Droite et principalement pour l'UMP il y a encore quelques mois après celles de la Présidentielle et des Législatives, nous assistons depuis quelques semaines/mois à un véritable retournement de situation en faveur de la Gauche, mouvement qui accompagne la chute de popularité du locataire de l'Elysée. Les candidats de l'UMP en viendraient presque à renier leurs liens avec Sarko alors qu'ils l'adulaient il y a encore peu...
La question principale que l'on peut se poser est va t'on assister à un vague rose ou non lors de ces élections ? si la réponse semble être oui, on peut en conséquent se demander qu'elle sera l'ampleur de la vague ? vaguelette ou tsunami ?
Alors qu'il était numéro 2 du Gouvernement, il avait était obligé de démissionner suite à ça défaite surprise lors des législatives face à une candidate socialiste. Cette fois, la victoire semble être assurée pour Alain Juppé qui pourrait être réélu dès le 1er tour
à Bordeaux. Mais il est bien l'un des seuls à Droite à être aussi serein. Car à Périgueux, Orléans, Toulouse, Strasbourg ou encore Marseille on tremble à droite face à la publication de sondages défavorables se succédant... A l'inverse, certaines personnalités de Gauche semblent se diriger vers une victoire relativement facile, Collomb à Lyon face à un Perben qui n'a pas réussi à s'imposer, Delanoë à Paris où de Panafieu ne sait plus quoi faire pour inverser la tendance, Martine Aubry à Lille qui pourrait franchir allégrement les 65% au second tour... (à ma plus grande satisfaction)
Mais dans la région on peut se poser des questions, oui Martine Aubry va l'emporter à Lille mais l'autre enjeu de taille est la présidence de la puissante Communauté Urbaine qui au contraire pourrait, elle, basculer à Droite et tomber dans les mains de Daubresse... Et il semblerait que le résultat de Tourcoing soit décisif. Vanneste pourrait l'emporter alors même qu'il est le symbole d'une Droite très dure, flirtant avec l'idéologie FN assumant haut et fort ses positions homophobes. Un temps mis sur la touche par l'UMP, il vient pourtant de recevoir un soutien inconditionnel de leur part pour ses élections... Espérons que le sondage de la Voix du Nord (http://elections.lavoixdunord.fr/) publié aujourd'hui ne se trompe pas et que Tourcoing restera une ville rose ! Autre situation préoccupante, celle d'Hénin-Beaumont, nouveau terrain de jeu du FN et de Marine Le Pen. Il semblerait que le parti Lepeniste est définitivement abandonné son territoire du sud-est de la France des années 90 pour se consacrer au Nord... Il est vrai qu'aux vues des résultats des dernières échéances électorales, ce repositionnement semble logique. Malheureusement ! Le Nord ne doit absolument pas devenir le nouveau bastion du FN, et pour cela la Gauche doit se mobiliser mais aussi se rénover afin de répondre aux attentes de son électorat traditionnel.
Mais pour que la vague devienne tsunami, il faut que l'électorat de gauche se mobilise en masse afin d'ébranler le pouvoir Elyséen. Afin qu'elle garde ses bastions et qu'elle en fasse tomber certains de droite (le rêve d'un grand chelem : Paris, Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Strasbourg...). Mais aussi que cette large victoire si elle a lieu soit la base d'une profonde rénovation du Parti Socialiste, portant un projet cohérent, mettant fin aux luttes fratricides, permettant un renouvellement de l'appareil par l'émergence de nouvelles têtes...


























