09 octobre 2009
Nobel (sur)prize
La saison des Nobels a débuté, ils tombent les uns après les autres. Il est vrai que les Nobels scientifiques sont peu médiatisés parce que récompensant des grands chercheurs mais qui sont aussi d'illustres inconnus dans les opinions publiques mondiales et travaillant sur des thèmes peu abordables pour le Terrien lambda. Il n'en est pas de même concernant les Nobels de littérature et surtout de la Paix. Le premier est tout aussi souvent attribué à un(e) auteur peu célebre mais les livres sont plus accessibles que la physique, la chimie ou encore la médecine. Il permet de récompenser une carrière. Comme tout prix, son attribution est critiquée, discutée, il pousse sous les feux de la rampe une personne qui retournera vite au relatif anonymat qui était son quotidien avant la distinction scandinave. Enfin, le prix Nobel de la Paix est certainement le plus médiatisé récompensant des personnalités plus connues comme Jimmy Carter, Al Gore, Mikhail Gorbatchev ou des organisations comme Médecins du Monde ou dans le cas où il n'irait pas à une "célébrité" occidentale, la cause du vainqueur est médiatisable comme les micro-crédits du Bangladesh ou l'écologie au Kenya, pour ne parler que des plus récents.
Mais alors cette année, le comité Nobel a déjoué tous les pronostics en l'attribuant, à la surprise générale, à Barack Obama doublant les 204 autres candidats au poteau...
9 mois après son arrivée au pouvoir, le voilà déjà nobelisé "pour ses efforts afin de renforcer la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples".
C'est tout de même paradoxale de récompenser du Nobel de la Paix, un homme dont le pays est en guerre, occupant militairement les territoires de l'Afghanistan et de l'Irak et ayant une zone de non-droits à Guantanamo pour ne citer que ces exemples.
Mais voilà, Barack Obama a fait des promesses : les conflits dont sont à l'origine les Etats-Unis vont être résolus, des ponts seront jetés en direction du monde musulman, il fera son possible pour voir les armes nucléaires éliminées de la surface de la Terre, la lutte contre contre le changement climatique doit être une priorité, etc....
Mais concrètement, le bilan est proche de la virginité. Ô ce n'est pas une critique mais juste un constat et qui peut paraître normal alors qu'il vient d'arriver à la Maison Blanche dans un contexte de crise financière et économique et alors même que les promesses de réformes interieures étaient importantes.
Ce prix semble être beaucoup trop rapide et vient surtout récompenser de bonnes intentions. Mais dans le cas où les promesses ne seraient pas tenues, qu'advientrait-il de la crédibilité du Nobel de la Paix ? et est-ce un encouragement ou plutôt une pression pour Obama, obligé, maintenant, de réussir ?
Et le pari ne semble pas gagné d'avance : Afghanistan et Irak ressemblent de plus en plus à un bourbier du type vietnamien, on vide progressivement Guantanamo mais pour mieux disperser aux quatre coins du monde ces détenus, les tensions avec l'Iran sont de plus en plus grandes, Obama a connu un échec cuisant au Proche-Orient avec le refus d'Israël de geler les colonisations, Israël et Palestine ne semblent pas prets de faire la paix...
Il est vrai que les tensions sont moins fortes avec le Vénezuela ou avec la Corée du Nord mais est-ce suffisant ? certainement pas.
Le principal atout de Barack Obama semble être surtout le fait de ne pas être Georges Bush le va-t-en-guerre. Aspect certainement pas suffisant pour recevoir un prix Nobel.
Mais bon, certains applaudissent cette attribution, ce symbole, surtout ceux qui crient au miracle au moindre mouvement du président états-unien et ceux qui le font par respect du politiquement correct. Et il y a ceux qui critiquent cette trop hâtive récompense comme les Talibans ou par des personnes plus respectables et fréquentables comme Lech Walesa.... Enfin, il est surtout surprenant de voir la réaction de certains UMP défendant l'idée que leur cher Sarkozy méritait davantage ce prix, qu'ils sont drôles ceux-là....
Mais maintenant, à Obama de nous prouver qu'il mérite bien ce Nobel de la Paix. Plus que des promesses, le Monde a besoin de faits....
30 septembre 2009
l'Irlande va-t-elle voter Tony Blair ?
Encore quelques heures et l'Europe va pouvoir souffler ou s'étrangler selon la réponse des Irlandais lors du référendum sur le Traité de Lisbonne organisé ce 2 octobre.
Après le refus massif de la population de l'Eire en juin 2008 (53% de contre), l'Union a fait le choix de ne pas stopper le processus de ratification du Traité par les Etats membres, comme ce fut le cas avec le Traité Constitutionnel Européen en 2004 suite aux refus français et néerlandais, mais de faire revoter l'Irlande. On peut se poser la question sur les raisons de cette différence de
traitement mais soit, une décision fut prise.
A ce jour, 26 des 27 pays de l'UE ont ratifié le traité même si les présidents polonais et surtout tchèque tardent à l'acter. Et que la France et les Pays-Bas ont fait le choix de ne plus donner la parole à leurs peuples afin de ne pas prendre le risque d'un nouveau non.
Reste l'Irlande, mais les derniers sondages promettent une victoire du camp du oui cette fois-ci....
Je ne vais pas redonner ma pensée sur ce Traité de Lisbonne l'ayant déjà fait précédemment : en route vers l'adoption du traité de Lisbonne...
Mais je vais plutôt faire écho à un article de Jean Quatremer sur son libéblog : les coulisses de Bruxelles.
Selon lui, en cas de réponse positive ce 2 octobre du côté de Dublin, la porte serait grande ouverte pour Tony Blair et sa nomination en tant que 1er Président du Conseil Européen. Oubliée sa vision libérale, et surtout son soutien aveugle à l'administration Bush qui crachait sur cette "vieille Europe" lors de la guerre en Irak. Car comme le dit un diplomate français cité par Quatremer : "Personne n'a osé s'opposer à Barroso. Qui osera dire non à Tony Blair ?"....
Le nom de l'ancien 1er ministre britannique n'est pas une surprise et il circule depuis un moment déjà mais ne pouvait-on pas espérer mieux ?
En effet, quel symbole est envoyé aux Européens lorsque l'on voit le profil de ceux qui pourraient être à la tête de l'UE ? Tony Blair et José Barroso...
Certains vont tenter de nous vendre cette image de parité entre le portugais de droite et l'anglais de gauche... Mais le clivage est peu visible quand on y regarde de plus près. Blair est qualifié d'europhile mais c'est un europhile à la britannique, donc à minima, un unioniste et non un fédéraliste. Barroso, quant à lui, à prouver lors de son dernier mandat qu'il était surtout une marionnette à la solde des libéraux dont il fait partie tout comme Blair, se distinguant surtout pas sa médiocrité. Ces deux hommes ont soutenu Bush, allant contre le refus de cette croisade exprimé massivement par les peuples européens. Ces nominations symbolisent une Europe s'éloignant toujours plus de ses citoyens aggravant la crise de confiance entre eux et les institutions de Bruxelles. Cette Europe des petits arrangements entre amis, entre puissants. Cette Europe qui manque de courage ou le repli sur soi devient une tendance inquiétante.
Autre symbole, la perte d'influence de la France grandissante au sein des instances européennes malgré les affabulations de Sarkozy, s'auto-proclamant comme un Grand et Influant d'Europe. En effet, Barroso confirmé, Blair nommé à la tête du Conseil, il ne reste plus qu'un poste de premier plan, celui de Ministre des Affaires étrangère ou selon le terme correct ; Haut représentant de l'Union pour la politique étrangère et la politique de sécurité, poste qui semble promis à l'Allemagne. La France devra donc se "contenter" du marché interieur, récompense faite à Michel Barnier. Et cela parce que Sarkozy a renoncé/refusé de défendre la candidature de François Fillon ou de Alain Juppé au poste de président du Conseil (même si aucune de ces candidatures ne m'enthousiasmait). Pourquoi ? Soumissions aux Britanniques ? Manque d'implication dans les affaires européennes ? ou peur de la concurrence au sein de son propre camp politique ?
Ce qui se confirme, c'est que l'Europe continue de dériver. On accusera les Irlandais d'être à l'origine d'une crise européenne en cas de non au référendum même si certains dirigeants ont sous-entendu que le traité pourraient être appliqué dans les pays l'ayant ratifiés. Mais en cas de oui, L'Union sortira-t-elle de la crise dans laquelle elle est engluée depuis plusieurs années ? Il est peu probable...
25 septembre 2009
Circulez, y a plus de Jungle....
La "Jungle" n'existe plus grâce à Besson, l'ex-homme de gauche devenu le plus sarkozyste des sarkozystes. Et il faudrait presque l'en remercier, lui et bien sûr, celui sans qui rien ne serait possible son cher Nicolas Sarkozy. Ô oui, à l'entendre, il a sauvé la vie de ces centaines de clandestins en décidant de détruire cette "jungle", cette zone de non-droit, ce royaume des passeurs et profiteurs de la misère humaine, ce site insalubre mettant en péril la vie de ses habitants. Ô oui, remerciez-le, vous citoyens français, défenseurs des Droits de l'Homme, habitants du Calaisis pour cette action charitable.
Avec la destruction de la "Jungle", il nous le promet, la ville sera débarrassée du problème des clandestins, les passeurs s'enrichissant sur les espoirs des clandestins ont été chassés. Une nouvelle ère s'ouvre.
Et bien sûr, tout cela s'est fait sous les yeux des caméras afin de faire la Une de tous les JT et pour prouver au gentil Français assis devant son téléviseur que ce Gouvernement s'attaque de front aux problèmes du pays. Et pour couronner le tout, M. Besson a débarqué quelques jours plus tard pour parader et s'auto-féliciter....
Mais le problème est que cette destruction n'est qu'une action de communication en faveur de Sarkozy et ses sbires sur le dos de la misère humaine, encore une fois.
En effet, Besson avait pris soin d'annoncer la fin de la "Jungle" bien avant de passer à l'acte, laissant le temps à une grande majorité des occupants de ce no man's land de fuir en attendant de voir l'orage passé.
Si j'étais mauvais langue, je dirais que cette annonce "préventive" a eu pour mérite de faire fuir les clandestins qui furent arrêtés lors de la précédente action de communication du Gouvernement en mai dernier. Ça n'aurait pas été du meilleur effet, de retrouver des personnes arrêtées quelques mois plus tôt car cela aurait obligé Besson a reconnaître que la quasi totalité des clandestins furent relâchés peu de temps après et qu'ils étaient revenus dans le Calaisis pour tenter de rejoindre l'Angleterre.
Autre "problème" la majorité des personnes arrêtées cette fois-ci sont mineures et donc inexpulsables. Donc devront rester en France. Mais légaliser leur présence est une solution refusée car elle encouragerait d'autres arrivées encore plus importantes. Alors pour le moment, ces jeunes sont dispersées un peu partout en France avant de retrouver la "liberté" et la route vers Calais car étape obligatoire pour le passage outre-Manche.
Autre profil ; les Afghans... Eux aussi déclarés inexpulsables en raison de la situation dans le pays. Et oui, les Occidentaux, notre Président en tête, ne cessent de nous expliquer que la guerre puis l'occupation de l'Afghanistan, toutes deux illégales, permettent d'avancer sur le chemin de la Démocratie, que la réélection récente du président Karzaï est un nouveau pas dans ce sens, oubliant que cette victoire est aussi le fait d'une fraude massive en sa faveur (on apprend par la même qu'une fraude afghane et beaucoup moins grave qu'une fraude iranienne...) mais malgré cela, les Afghans entrés illégalement en Europe ne peuvent être renvoyés car le pays est trop dangereux... Sachant que les Afghans représentent la principale communauté de la "Jungle", il ne reste plus grand monde....
Mais je suis de mauvaise foi étant un méchant socialo-gauchiste incapable de reconnaître le travail de Sarkozy & Cie. Il est vrai que la "Jungle" n'offrait pas des conditions dignes d'êtres humains. Zone insalubre, dangereuse, de non-droit et pain béni pour les mafias et autres groupes de passeurs. Personne ne dit le contraire. Et certainement pas les associations présentent au quotidien sur le terrain et tentant d'aider le mieux possible cette population au risque d'être poursuivies par la justice pour "délit de solidarité". Cette situation nécessitait une réponse des pouvoirs publics mais une réponde digne du pays qui se réclame comme celui des Droits de l'Homme.
Alors que là, nous avons un plan de communication aux dépens d'être humain en situation de misère physique et psychologique.
Mais la question est comment une majorité de la population et des médias peut être encore dupe devant le pathétique cinéma que nous offre ce gouvernement.
La fin de Sangatte décidée par Sarkozy alors ministre avait les mêmes motivations : fin des passeurs, fin des conditions de vie déplorables, fin des arrivées massives de clandestins. En 2009, le même Sarkozy, désormais Président, nous ressort les mêmes arguments pour motiver la destruction de la "Jungle" sans pour autant assumer ou même évoquer l'échec de sa politique.... Bien au contraire....
Chacun sait très bien que les clandestins qui hantaient le Calaisis reviendront, qu'une nouvelle "Jungle" verra le jour, toujours plus clandestine. Que le problème n'est pas résolu mais au contraire aggravé.
Mais voilà, nous avons un Président qui ne fonctionne qu'à renfort de coup de communication et ne doit se justifier de rien et encore moins de ses échecs... Et rappeler qu'il aime la chasse à l'immigré ne peut pas faire de mal à quelques mois des élections régionales surtout pour son électorat le plus à droite dont celui de De Villiers et du CPNT qui viennent de rejoindre le parti présidentiel....
A quand le retour de bâton ou plutôt de matraque ????
24 juin 2009
Fillon, épisode IV
L'épisode IV du Gouvernement Fillon est arrivé sans que celui-ci ait eu son mot à dire, semble-t-il. Sarkozy se réservant le rôle de sélectionneur suprême. Que dire si ce n'est qu'il n'y pas eu de révolution au palais. Le remaniement est plus important que prévu mais en raison d'un jeu de chaise musicale, d'un casting à respecter. Une pseudo poursuite de l'ouverture mais surtout un repli sur les fidèles du chef de l'Etat. Des heureux, des déçus. La politique catastrophique pour la France devrait se poursuivre dans la bonne humeur.
Il y a ceux qui restent : l'obéissant Bernard Kouchner aux affaires étrangères, Patrick Devedjan le ministre de la relance invisible (tant la relance que lui), Eric Besson à l'immigration qui fait encore mieux dans la répression que Hortefeux, Valérie Pécresse qui accumule les grèves et blocages d'universités, Fadela Amara qui est l'un des symboles de l'ouverture et de la diversité et qui a accepté un plan banlieue au rabais, Jean-Louis Borloo se retrouve bloqué à l'Ecologie, Nadine Morano garde la Famille et la Solidarité ce qui va faire hurler Christine Boutin....
Il y a ceux qui partent : Michel Barnier et Rachida Dati sont envoyés à Strasbourg avec plus ou moins d'enthousiasme, Christine Albanel et Roger Karoutchi payent pour Hadopi, la Guadeloupe a été fatale à Yves Jego, Bernard Laporte paye son inaction. L'ex-UDF, André Santini disparait tout comme son secrétariat d'Etat à la Fonction Publique tout un symbole des volontés sarkozyiennes. Enfin, Christine Boutin disparaît du gouvernement alors qu'elle esperait la Prison et avait tout tenté pour garder un poste.
Il y a ceux qui profitent du mercato : Michèle Alliot-Marie voulait rester à l'Interieur mais elle remplacera Dati à la Justice au final, profitant de son statut d'invirable malgré l'hostilité du Président, Brice Hortefeux retrouve ses premiers amours après des vacances aux affaires sociales, il arrive à l'Interieur où il pourra poursuivre sa chasse commencée à l'Immigration. Xavier Darcos fête son départ de l'Education Nationale en annonçant 16000 nouvelles suppressions de postes avant de rejoindre le ministère du .... Travail et des Affaires Sociales. Rama Yade qui ne pouvait pas être virée est tout de même punie, elle passe des Droits de l'Homme aux Sports. Kouchner a eu sa peau ainsi que celle de son secrétariat d'Etat. Valérie Letard quitte la Solidarité pour le Développement durable en complément de Chantal Jouanno confirmée à l'Ecologie. Jean-Marie Bockel peut désormais sortir du placard des Anciens Combattants où il avait été envoyé après avoir critiqué le président Bongo pour prendre la direction d'un secrétariat d'Etat à la Justice dont l'objectif n'est pas encore défini...
Enfin il y a les petits nouveaux : la plus belle prise, en apparence, est la nomination de Fréderic Mitterand qu'ils ont tenté de faire passer pour un symbole de l'ouverture mais le neveu de François n'a jamais été un homme de Gauche, il devra gérer Hadopi le retour du retour. Michel Mercier a l'aménagement du territoire, le MODEM le perd sans surprise. Christian Estrosi avait promi d'abandonner toute responsabilité nationale s'il était élu maire de Nice, il a été élu mais a oublié sa promesse. Promesse oubliée également pour Nora Berra qui s'était engagée à siéger au Parlement Européen où elle vient d'être élue mais qui préfère le secrétariat d'Etat en charge des Aînés. Marie-Luce Penchard obtient l'Outre-mer bénéficiant de son statut de conseillère de Sarkozy et de ses origines gaudeloupéennes. Enfin Pierre Lellouche arrive aux Affaires Européennes, nomination inquiétante car l'homme est avant tout un Atlantiste convaincu, favorable à la guerre en Irak. Et surtout, il est favorable à l'entrée de la Turquie dans l'Union. Paradoxale alors que Sarkozy affirmait encore son opposition à cette entrée il y a peu, il nomme Lellouche aux Affaires Européennes...
En attendant, certainement, un nouveau remaniement au lendemain des régionales en 2010.
Mais, in fine, le seul qui gouverne, c'est Sarkozy....
15 juin 2009
Ca ressemble à une très mauvaise blague...
La blague pourrait s'appelait, pour reprendre Jean-François Kahn dans le Marianne de cette semaine, Comment archi-perdre des élections archi-gagnables ?
Je terminais le post du 27 mai par exprimer l'espoir, un peu fou certainement, d'une dynamique socialiste dans la dernière ligne droite de ces Européennes, d'une victoire inespérée du PSE, du rêve d'un sursaut citoyen européen contre ceux qui sont à l'origine de cette Europe toujours plus libérale et qui souffre de la crise....
Mais voilà, l'Europe creuse, forcée par on ne sait qu'elle puissance, sa tombe alors que la nuit qui l'entoure est de plus en plus sombre et chaque fois qu'une lueur, ô une petite lueur apparaît au loin, elle tend le bras en sa direction, fait un pas hésitant mais fini par se prendre un grand coup de pelle dans la gueule lui rappelant qu'elle est condamnée à s'enfoncer dans l'obscurité.... Pauvre Europe, tes pères fondateurs doivent bien pleurer en voyant ce que tu es devenu....
Le verdict du 7 juin est dur, difficilement compréhensible mais est sans appel... Le PPE confirme sa domination sur le Parlement Européen alors qu'il symbolise ce libéralisme à l'origine de la crise. Le PSE est affaibli confortant Barroso à la tête de la Comission, renvoyant Rasmussen sur la touche en faveur du très peu charismatique, libéral et très maléable Portugais. Les écologistes et les libéraux progressent mais restent des seconds rôles dans un Parlement voué au bi-partisme. Et puis, beaucoup plus inquiétant, il y a cette montée ou plutôt la confirmation de la progression des nationalistes, souverainistes et autres extrême-droites (FN, FPÖ ou Vlaams Belang ne sont plus seuls, bien accompagnés de leurs camarades anglais, hongrois, slovaques, roumains, italiens, etc....). Mais encore une fois, le grand vainqueur est l'abstention, majoritaire dans quasiment tous les pays où le vote n'est pas obligatoire. Symbole d'une résignation ou bien pire d'une indifférence ?
Et la France n'échappe pas à cette tendance. L'UMP crie victoire alors qu'elle n'obtient que 28% des suffrages contre 72% d'électeurs votant pour des listes s'opposant à Sarkozy et alors que seulement 40% des électeurs se sont déplacés. Ce n'est pas vraiment un plébiscite de la politique élyséenne quoi qu'en disent les p'tits soldats de Nicolas. Les Le Pen et de Villiers obtiennent des scores relativement faibles, du moins qui n'ont plus le lustres des élections d'antan, mais ça ne signifie pas que leurs idées sont moins approuvées, juste qu'elles sont plus "respectables" lorsqu'elles émanent de membres de la majorité présidentielle. Quoi qu'il en dise, Besancenot subit une défaite en obtenant aucun élu et des scores décevants. La lune de miel se termine-t-elle ? Où est-ce juste un retour de bâton après avoir trop longtemps dénoncé les logiques d'appareils des autres alors même que la création du NPA en est un bel exemple ? L'union PC/PG a fonctionné mais est-ce l'avenir de la gauche de la gauche ? L'avenir nous le dira....
Le PS et le MODEM ont payé très cher leurs campagnes trop brouillon, axées uniquement sur l'anti sarkozysme, ratant le coche du renouvellement...
Quelle déception pour le PS alors qu'il semblait avoir toutes les armes entre ses mains pour l'emporter mais qui au contraire subit une cuisante défaite. Non, Martine Aubry n'est pas la seule coupable, bien au contraire, la faute est collective. Résultant de mauvais choix et d'un héritage dont il est impossible de se défaire en quelques mois. Et on peut encore regretter que les premiers à se jeter sur l'agonisant soient des membres de sa propre famille. Quand Valls ou Lang vont-ils comprendrent qu'ils jouent le jeu de la Droite ?
Le PS doit se consacrer à ce qu'il semble être une interminable reconstruction mais pas facile quand on ne cesse d'ébranler les échafaudages....
Ah mais le grand vainqueur proclamé est Daniel Cohn-Bendit, lui plutôt que Europe Ecologie.... Faisant jeu égal avec le PS. Mais ne nous leurrons pas, ce résultat est plus le fruit d'une campagne bien menée sur un thème, l'Europe, qui est un point fort d'un parti à la pointe de l'organisation à l'échelle européenne. Ils ont été les seuls à parler d'Europe. Ont réussi à mettre en sourdine les luttes internes entre les innombrables courants. Qu'en sera-t-il dans quelques mois ? Ce semblant de renouveau, de statut de force émergente repose sur Cohn-Bendit, mais voilà, les Verts ne supportent pas d'avoir de leaders trop charismatiques. Et ne réussissent jamais à confirmer un bon résultat. Alors pourquoi le feraient-ils cette fois ?
Quel bilan ? Le libéralisme l'emporte contre toutes attentes dans l'Union et en France. France qui semble avoir en quelques mois fait le deuil du Modèle particulier et unique qu'elle incarnait. Les forces de Gauche se prennent une claque, la Droite l'emporte mais qu'en apparence. Car l'abstention incarne surtout la défaite de l'Europe, de ses citoyens et de ceux qui révèrent au lendemain de la 2nde Guerre....
La nuit va être longue...
27 mai 2009
Aujourd'hui : je me demande pourquoi voter le 7 juin
Si on écoute les médias, les élections des députés français au Parlement Européen le 7 juin prochain sont déjà jouées... L'abstention sera très importante. Quel suspens, va-t-on battre les précédents taux d'abstention ? L'UMP va l'emporter, le PS sauvera à peine les meubles face à Bayrou et on félicitera les Mélenchon et autre Besancenot de leurs scores, Cohn Bendit fera le spectacle comme d'habitude et on entendra, encore une fois, que le FN est mort.... Alors pourquoi voter ?
Il est clair que les médias ne favorise pas la mobilisation mais les politiques ne sont mieux à ce petit jeu.
Dire sans cesse que le taux d'abstention sera important parce que les Français ne s'intéressent pas à l'Europe est faux. Oui, le taux de participation est faible et il l'est de plus en plus mais est-ce sans raisons ? Mises à part les quelques semaines qui précédent le scrutin, entend-on parler du Parlement, des députés, des décisions prises, de leurs pouvoirs, etc.... Non. Ah on se donne bonne conscience en faisant des émissions et autres pages spéciales pseudo-pédagogiques à l'approche des élections mais ce n'est pas comme cela que l'on mobilise. L'Europe et ses institutions se sont, au fur et à mesure, déconnectées d'avec les citoyens européens. Et ce n'est pas arrivé par magie, c'est la faute des médias mais aussi et surtout des politiciens et partis... Combien de silences et accusations faciles ont ruiné les quelques tentatives de convaincre du rôle essentiel du Parlement Européen ? Comment faire le poids devant le fameux "c'est la faute de Bruxelles" ?
L'Europe peut mobiliser ; pour souvenir le référendum du traité constitutionnel.
Mais voilà, encore une raison de démotiver : ce fameux traité rejeté par une majorité indiscutable de Français et qui est reproduit presque à l'identique dans le traité de Lisbonne défendu par Sarkozy et adopté par le Parlement français. N'est-ce pas ce foutre des Français ?
Puis il y a l'épisode Yade/Dati : la première qui refuse d'aller à Strasbourg préférant une responsabilité nationale afin de rester sur "scène", pourquoi pas... La seconde obligée d'y aller car trop contestée à la Chancellerie et ne pouvant pas être jetée comme une malpropre. Donc c'est direction l'Europe comme placard doré et sa non-implication, son manque de sérieux et de motivation sont flagrants...
Et que dire de tous ces députés élus ne siégeant pas ou qui démissionnent à la moindre occasion de revenir au pays ? Quel message nous font-ils passer ?
Ce qui semble être une mauvaise blague : le découpage en pseudo-circonscriptions-grandes-régions-qui-ne-correspondent-à-rien. Un retour à une unique circonscription semble être plus que souhaitable pour rendre plus lisible l'élection mais aussi pour en faire un enjeu national.
Enfin les fameux sondages dont les médias et que l'UMP aiment tant. On clame partout que l'UMP va l'emporter. Sarkozy qui est tellement contesté par ces dangereux gauchistes va recevoir le soutien des Français, il semblerait sauf si on fait un peu plus attention aux fameux sondages... Oui l'UMP est en tête mais avec 28% en moyenne, est-ce une majorité ? Si c'est le cas, j'ai du rater des cours de math... Sachant que aucun autre parti ne soutient Sarkozy, cela veut dire 28% contre 72% d'opposition !!! Là, je suis d'accord, il y a une majorité indiscutable mais elle n'est plus en faveur de l'Elysée. Et puis ce sont des sondages nationaux qui ne correspondent pas au scrutin par grandes régions... Donc quelle valeur leurs donner ?
Et malheureusement, tous les partis sont coupable de se désamour. L'UMP nous explique clairement que nous, citoyens, n'avons aucun poids. Que le Parlement est une punition pour ses membres. Nous ment sur l'Europe qu'ils souhaitent. Tente de nous refaire le coup de la Turquie en oubliant de préciser que Chirac avait inscrit dans la Constitution que chaque nouvelle adhésion devait faire l'objet d'un référendum mais que Sarkozy, peu de temps après avoir été élu, a apporté une modification en permettant au Parlement français de se prononcer sur la question, évitant ainsi le référendum... Le MODEM a renoncé à ses campagnes pro-européennes qui faisait la force de Bayrou lors de ce scrutin. Les Verts font des propositions intéressantes mais sont peu audibles. Les eurosceptiques et europhobes (Besancenot, Mélenchon, De Villiers, Le Pen & Co) foisonnent... Et le PS a du mal à faire LA campagne parfaite. Trop d'hésitations, un peu trop de flou.... Alors qu'ils dénoncent cette Europe que nous ne voulons plus, cette Europe a minima voulue par Barroso, Sarkozy et autres ultras-libéraux. Cette Europe commerciale, déréglementée, refusant toute Europe sociale...
Espérons que Martine Aubry et l'ensemble du PS arrivent à créer une véritable dynamique au cours des quelques jours qui nous séparent du vote du 7 juin. Une victoire du PS et du PSE ne serait pas synonyme d'une révolution à Bruxelles et Strasbourg mais permettrait, du moins, d'avancer vers une Europe sociale dont nous avons besoin. Et puis pourquoi ne pas rêver un peu, permettrait peut être de commencer à construire un capitalisme alternatif à celui qui fut tant décrier au pic de la crise mais que la grippe A a fait oublier... La route est encore longue mais nous pouvons y arriver en avançant pas à pas et en se donnant toutes les chances... Et il semblerait que la meilleure des chance d'atteindre cet objectif est de voter massivement et ce en faveur du PSE...
10 mai 2009
Aujourd'hui : je me réjouis de voir le modèle français reconnu
C'est la petite sensation de la semaine qui est relayé par beaucoup de médias sans pour autant que cela ait le retentissement mérité. Le très très libéral journal britannique The Economist fait sa Une avec un Sarkozy dominant Merkel et Brown... Objectif : expliquer ou plutôt reconnaître que le modèle français est certainement l'un des meilleurs remparts pour résister face à la crise. The Economist confesse qu'il a fait partie de ceux qui considéraient que le modèle de l'Europe continentale poussé à l'extrême par la France était « sclérosé », « trop dominé par l'Etat », et que le salut résidait dans « une dose de réformes libérales à l'anglo-saxonne »… Mais il est contraint de reconnaître que le rôle de l'Etat, le système de protection sociale français, et les résidus de colbertisme permettaient aujourd'hui à la France de s'en tirer mieux que les autres pays industrialisés face à la récession....
The Economist souligne à quel point aujourd'hui le « modèle français » influence Washington et Londres, alors que la faillite de fleurons bancaires et industriels oblige les Etats à intervenir, alors que la régulation est revenue au goût du jour, alors, enfin, que des millions d'individus qui perdent leur emploi dans les pays industrialisés s'en sortent mieux dans les pays à forte protection sociale que dans ceux qui ont libéralisé sauvagemet suivant un dogme libéral anglo-saxon.
Le paradoxe est que cette très tardive reconnaissance intervient alors même que ce fameux modèle français est en péril, face aux attaques de Sarkozy qui, quant à lui, courent éperdument après le système anglo-saxon... Car ce Sarkozy qui, dans les réunions internationales, se fait le représentant de ce modèle, le héraut de la régulation des marchés, de l'encadrement du capitalisme libéral est ce même Sarkozy qui durant sa campagne présidentielle nous expliquait que le modèle français était mort, était un frein à la croissance et que nous devions nous convertir au modèle britannique et états-uniens.... C'est lui qui voulait créer un système de subprimes à la française, ah les Français devaient s'endetter comme outre-atlantique. C'est par là qu'allait passer le chemin de la croissance pour tous.... On connaît maintenant le résultat de ce modèle....
La chance de Sarkozy est de ne pas avoir eu le temps de mettre en place toutes ses réformes, la crise est arrivée sauvant en partie le modèle français mais pour combien de temps.... Car parions que pour lui, ce n'est que partie remise. Et ces réformes de la Santé, de l'Hôpital, de l'Université ne font que confirmer cette soumission au libéralisme le plus dérèglementé. Son modèle reste l'Amérique de Bush, celle qui exclue, qui donne qu'aux riches.... Putain, encore 3 ans....
21 avril 2009
Aujourd'hui : je confirme être contre la chasse
La chasse est donc ouverte depuis ce matin à Calais. Ô pas la chasse traditionnelle mais celle visant un gibier beaucoup plus important : l'Afghan, l'Irakien et autres réfugiés parcourant la Côte d'Opale. Nous avons donc appris que les forces de l'ordre ont arrêté 200 personnes. Et ce deux jours avant la venue d'Eric Besson, ministre de l'Immigration, digne successeur de Brice Hortefeux. Drôle de coïncidence. Mais pure hasard, nous explique-t-on que ce soit du côté de Besson ou de celui de Alliot-Marie. Et cette opération n'a que pour but de mettre fin aux filières d'immigration clandestine. Quel belle intention. Mais en 2002, lorsqu'un certain Nicolas Sarkozy - ministre de l'Intérieur - avait fermé le centre d'accueil de la Croix-Rouge, la même raison nous avait été présenté. Il était nécessaire de fermer ce centre où pullulait les mafias de passeurs. Et bien sûr, cette fermeture serait connue de tous et allait mettre fin à l'immigration clandestine dans le Calaisis.... 7ans plus tard, la situation est pire qu'avant. Car les passeurs continuent de s'enrichir sur la vie de réfugiés n'espérant qu'une chose : rejoindre l'Angleterre mais en plus ils ont le champs libre, les "clients" potentiels étant totalement abandonnés dans la nature. C'est un échec flagrant de la politique de Sarkozy. Auquel s'ajoute un scandale humanitaire car ces hommes et ces femmes vivent dans des conditions indignes d'un pays qui se réclame comme étant la patrie des Droits de l'Homme. Mais voilà, au lieu de trouver une solution à cet échec, Sarkozy tente de le cacher et de surtout faire oublier son bilan. On chasse le clandestin dans la "jungle", on détruit tout refuge possible, on complique le travail des associations qui tente d'apporter un minimum d'aide à ces personnes et puis on menace les bénévoles et tout citoyen de poursuites en cas d'assistance quelle qu'elle soit. Cette politique est détestable mais ne semble pas émouvoir la majorité des médias. La France chasse l'immigré dans l'indifférence, pire ça devient un argument électoral... Rappelant les pires périodes de l'Histoire.
Et pendant ce temps, le Président se déplace à Nice pour parler de la lutte contre la violence des bandes. (Il est clair que Nice est la ville la plus touchée par ce phénomène mais bon une bonne vieille ville de droite c'est plus rassurant...). Et oui, on ne peut plus laisser ces bandes commettre leurs crimes et délits dans l'impunité comme c'est le cas depuis trop longtemps... Mais au fait qui nous avait promis de débarrasser de toute cette violence alors qu'il était Ministre de l'Intérieur ? Ce ne serait pas Sarkozy lui-même ? Encore un échec de sa politique, et encore une fois, c'est le silence total sur ce constat....
Chasse à l'immigré, lutte contre la violence des bandes (sous entendu des jeunes basanés de banlieues ), développement de l'arsenal sécuritaire, et après on tente de nous convaincre que tout va bien dans ce pays, et que Sarkozy ne mène pas une politique sécuritaire digne de la droite la plus extrême.... Ah mais il est vrai qu'il se sent certainement plus à l'aise lorsqu'il flirte avec l'électorat de Le Pen que dans la lutte contre la crise et la pauvreté croissante. Et les médias suivent tout comme de trop nombreux Français....
15 avril 2009
Aujourd'hui : je me souviens.... de Chirac
Ah c'est ZE info politico-people de la semaine : le fameux sondage Paris-Match sur la popularité de nos chers Politiques. Et là, quelle "surprise" : Nicolas Sarkozy - M. J'ajuste ma politique selon les sondages et les plans com'- est renvoyé dans les cordes : 33ème juste entre Fabius - l'éléphant maudit du PS - et son ministre de l'armée a qui on coupe les budgets - Hervé Morin. Seul réconfort : Ségolène - je vais plomber tout le monde à coup de chabichou - Royal est derrière (36ème).
Ce classement est dominé par des habitués : Bernard - PS traître - Kouchner (3ème), Mister Culture - Jack Lang (6ème), François - bah il est pas méchant - Bayrou (10ème),... Mais aussi par des "révélations" : Martine - Queen of PS - Aubry passe en 8ème position, DSK de Washington est 5ème, Bertrand Delanoë en recul de tout se réconforte en étant 4ème, ... On retrouve également plusieurs "non je ne m'oppose pas à Sarko, j'apporte ma contribution" de la majorité présidentielle : Dominique - fuck USA - de Villepin est 20ème, Rachida Daty - future ex-Miss place Vendôme et prochaine Miss Choucroute garnie de Strasbourg - est 11ème, Rama Yade - celle qui a dit NON - quant à elle est 2ème. On peut imaginer que Sarko enrage. 
Mais le pire du pire. Encore plus grave qu'une rupture de stocks chez Rolex c'est le fait que Chirac soit en tête de ce classement. Oui, l'ancien président que Sarko et son staff UMPesque tente de ringardiser occupe la première place. On peut imaginer la colère envahissant le (petit) corps de notre Président, la multiplication des spasmes et autres tics déjà très nombreux habituellement. Quelle trahison du si coopérant Paris-Match, mettre le caresseur de cul de vache en tête alors que M. je-pense-avoir-bon-goût est renvoyé parmi les has-been.
Si ce n'est l'aspect réjouissant de cette petite humiliation pour Sarkozy, il ne faut pas se leurrer. Il est clair que Chirac bénéficie d'une prime accordée au prédécesseur ainsi qu'une autre pour le fait qu'il peut être populaire maintenant qu'il est retiré de la Politique. C'est l'histoire de Chirac, il monte (mangez des pommes), il baisse (grève de 95 et dissolution), il monte (cohabitation avec Jospin), il est au sommet (2ème tour contre le Pen et le NON à la guerre d'Irak) et chute (fin du quinquennat).
Il est le premier ex-Président a bénéficié de cette prime au prédécesseur : De Gaulle, Pompidou, Mitterand sont morts trop vite et VGE avait encore des ambitions politiques après 81. Chirac, lui, il s'est retiré et ne représente donc plus un risque. La mémoire collective préférant zapper le négatif pour ne se rappeler que du positif, Chirac est donc celui qui mange des pommes, celui dont la marionnette fait tant rire aux Guignols, celui qui a défendu une certaine grandeur de la France en s'opposant fermement à Bush et ses potes, celui qui a menacé "you want me to go back to my plane ?", celui qui avait une véritable Culture, celui qui a voulu le musée du Quai Branly, celui qui a alerté le monde sur le fait que "la maison brûle", celui qui a offert une image de papy campagnard-franchouillard kiffant le salon de l'agriculture et la bonne bouffe bien de chez nous. Ça c'est Chirac, on oublie les grèves, les affaires, l'arnaque de la "fracture sociale" etc....
Mais, est évident l'échec de la stratégie médiatico-politique de Sarkozy. Si Chirac est aussi populaire, c'est aussi parce que l'actuel Président est devenu inaudible, que les Français prennent conscience qu'il n'est pas l'Homme de la situation, qu'il n'a fait que mentir, qu'il n'est pas là pour eux mais pour défendre ses amis les plus riches, qu'il salit l'image de la France. Favorisant la nostalgie, le "c'était mieux avant". Chirac n'aurait peut-être pas fait mieux mais il aurait fait différemment.
pour retrouver le classement intégral : Sondage Paris-Match
et un article de Rue89 assez sympa qui m'a inspiré pour le titre : Chirac nouvelle idole des Français
06 avril 2009
Aujourd'hui : je soutiens le Mexique pour son adhésion aux USA
Le Mexique, 51e État des États-Unis d’Amérique ?, c'est le titre d'un article de Jean Quatremar, "M. Europe", sur son libéblog. Titre qui a de quoi nous surprendre. Le Mexique a-t-il demandé son rattachement au voisin états-unien ? est-ce que cette question agite la société mexicaine ? une solution pour mettre fin à l'arrivée de sans-papiers? une alternative à la construction du mur séparant les deux pays ? Le pays d'Obama pourrait gagner 100 millions d'habitants et aucun média français n'en parle ?
Angela Merkel, récemment élue Présidente de l'UE (encore une info absente des médias nationaux) a déclaré devant le Parlement à Mexico qu'elle soutenait la démarche visant à l'adhésion du Mexique aux États-Unis. Évoquant "des siècles d’histoire, de culture et de commerce partagés", rappelant que "les États-Unis doivent aborder les latinos américains comme nos amis, nos voisins et partenaires dans la lutte contre l’injustice, l’intolérance et la violence".... L'article fait, également, écho des réactions de certains États US s'offusquant de cette ingérence de l'UE dans les affaires intérieures.
Bien sur, Jean Quatremer ne nous livre qu'une fiction en réaction à l'intervention d'Obama affirmant que la Turquie devrait entrer dans l'UE. L'Obamania ambiante a fait oublier à beaucoup de médias et autres commentateurs que l'adhésion d'Ankara était avant tout une affaire européenne et ne concernait que ses membres. Et que les Etats-Unis n'avaient pas à se prononcer sur qui devait en être membre ou non.
Cette intrusion dans les affaires européennes et la non-réaction des dirigeants qu'elle a entraîné est révélatrice de l'état de l'Union actuelle. Il semble que le projet d'une Europe forte, d'une Europe politique, d'une Europe des citoyens, d'une Europe avançant vers le fédéralisme soit abandonné au profit d'une Europe - a minima - de libre-échange.
L'Union ne peut se résumer à une ALENA du Vieux-Continent comme semble la considérer/vouloir Washington. Sarkozy a rappelé son opposition à l'entrée de la Turquie. Mais ce n'est qu'une demie réaction car il s'oppose sur l'adhésion mais ne reproche pas à Obama, le fait que celui-ci s'immisce dans les affaires intérieures de l'UE. Domaine qui ne le concerne en aucun point.
On peut être favorable ou non à l'entrée des Turcs dans l'Union Européenne mais cette question ne concernent que NOUS, EUROPÉENS. Personnellement, je suis opposé à cette entrée. Je ne nie pas que la Turquie ait un passé européen, qu'une partie de sa population soit occidentalisée. Mais trop de différences persistent et Ankara est en Asie quoi qu'on en dise. Et je suis surtout favorable à une Europe fédérale qui ne peut se réaliser qu'avec un nombre restreint de membres ayant une cohésion, dans un premier temps.


















