MYKHA

LASSAN INDULOK EL ES MOSOLYOGVA ERKEZEM . . .

15 juin 2009

Ca ressemble à une très mauvaise blague...

La blague pourrait s'appelait, pour reprendre Jean-François Kahn dans le Marianne de cette semaine, Comment archi-perdre des élections archi-gagnables ?
Je terminais le post du 27 mai par exprimer l'espoir, un peu fou certainement, d'une dynamique socialiste dans la dernière ligne droite de ces Européennes, d'une victoire inespérée du PSE, du rêve d'un sursaut citoyen européen contre ceux qui sont à l'origine de cette Europe toujours plus libérale et qui souffre de la crise....

Mais voilà, l'Europe creuse, forcée par on ne sait qu'elle puissance, sa tombe alors que la nuit qui l'entoure est de plus en plus sombre et chaque fois qu'une lueur, ô une petite lueur apparaît au loin, elle tend le bras en sa direction, fait un pas hésitant mais fini par se prendre un grand coup de pelle dans la gueule lui rappelant qu'elle est condamnée à s'enfoncer dans l'obscurité.... Pauvre Europe, tes pères fondateurs doivent bien pleurer en voyant ce que tu es devenu....

Le verdict du 7 juin est dur, difficilement compréhensible mais est sans appel... Le PPE confirme sa domination sur le Parlement Européen alors qu'il symbolise ce libéralisme à l'origine de la crise. Le PSE est affaibli confortant Barroso à la tête de la Comission, renvoyant Rasmussen sur la touche en faveur du très peu charismatique, libéral et très maléable Portugais. Les écologistes et les libéraux progressent mais restent des seconds rôles dans un Parlement voué au bi-partisme. Et puis, beaucoup plus inquiétant, il y a cette montée ou plutôt la confirmation de la progression des nationalistes, souverainistes et autres extrême-droites (FN, FPÖ ou Vlaams Belang ne sont plus seuls, bien accompagnés de leurs camarades anglais, hongrois, slovaques, roumains, italiens, etc....). Mais encore une fois, le grand vainqueur est l'abstention, majoritaire dans quasiment tous les pays où le vote n'est pas obligatoire. Symbole d'une résignation ou bien pire d'une indifférence ?

Et la France n'échappe pas à cette tendance. L'UMP crie victoire alors qu'elle n'obtient que 28% des suffrages contre 72% d'électeurs votant pour des listes s'opposant à Sarkozy et alors que seulement 40% des électeurs se sont déplacés. Ce n'est pas vraiment un plébiscite de la politique élyséenne quoi qu'en disent les p'tits soldats de Nicolas. Les Le Pen et de Villiers obtiennent des scores relativement faibles, du moins qui n'ont plus le lustres des élections d'antan, mais ça ne signifie pas que leurs idées sont moins approuvées, juste qu'elles sont plus "respectables" lorsqu'elles émanent de membres de la majorité présidentielle. Quoi qu'il en dise, Besancenot subit une défaite en obtenant aucun élu et des scores décevants. La lune de miel se termine-t-elle ? Où est-ce juste un retour de bâton après avoir trop longtemps dénoncé les logiques d'appareils des autres alors même que la création du NPA en est un bel exemple ? L'union PC/PG a fonctionné mais est-ce l'avenir de la gauche de la gauche ? L'avenir nous le dira....
Le PS et le MODEM ont payé très  cher leurs campagnes trop brouillon, axées uniquement sur l'anti sarkozysme, ratant le coche du renouvellement...
Quelle déception pour le PS alors qu'il semblait avoir toutes les armes entre ses mains pour l'emporter mais qui au contraire subit une cuisante défaite. Non, Martine Aubry n'est pas la seule coupable, bien au contraire, la faute est collective. Résultant de mauvais choix et d'un héritage dont il est impossible de se défaire en quelques mois. Et on peut encore regretter que les premiers à se jeter sur l'agonisant soient des membres de sa propre famille. Quand Valls ou Lang vont-ils comprendrent qu'ils jouent le jeu de la Droite ?
Le PS doit se consacrer à ce qu'il semble être une interminable reconstruction mais pas facile quand on ne cesse d'ébranler les échafaudages....
Ah mais le grand vainqueur proclamé est Daniel Cohn-Bendit, lui plutôt que Europe Ecologie.... Faisant jeu égal avec le PS. Mais ne nous leurrons pas, ce résultat est plus le fruit d'une campagne bien menée sur un thème, l'Europe, qui est un point fort d'un parti à la pointe de l'organisation à l'échelle européenne. Ils ont été les seuls à parler d'Europe. Ont réussi à mettre en sourdine les luttes internes entre les innombrables courants. Qu'en sera-t-il dans quelques mois ? Ce semblant de renouveau, de statut de force émergente repose sur Cohn-Bendit, mais voilà, les Verts ne supportent pas d'avoir de leaders trop charismatiques. Et ne réussissent jamais à confirmer un bon résultat. Alors pourquoi le feraient-ils cette fois ?

Quel bilan ? Le libéralisme l'emporte contre toutes attentes dans l'Union et en France. France qui semble avoir en quelques mois fait le deuil du Modèle particulier et unique qu'elle incarnait. Les forces de Gauche se prennent une claque, la Droite l'emporte mais qu'en apparence. Car l'abstention incarne surtout la défaite de l'Europe, de ses citoyens et de ceux qui révèrent au lendemain de la 2nde Guerre....

La nuit va être longue...

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27 mai 2009

Aujourd'hui : je me demande pourquoi voter le 7 juin

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Si on écoute les médias, les élections des députés français au Parlement Européen le 7 juin prochain sont déjà jouées... L'abstention sera très importante. Quel suspens, va-t-on battre les précédents taux d'abstention ? L'UMP va l'emporter, le PS sauvera à peine les meubles face à Bayrou et on félicitera les Mélenchon et autre Besancenot de leurs scores, Cohn Bendit fera le spectacle comme d'habitude et on entendra, encore une fois, que le FN est mort.... Alors pourquoi voter ?

Il est clair que les médias ne favorise pas la mobilisation mais les politiques ne sont mieux à ce petit jeu.

Dire sans cesse que le taux d'abstention sera important parce que les Français ne s'intéressent pas à l'Europe est faux. Oui, le taux de participation est faible et il l'est de plus en plus mais est-ce sans raisons ? Mises à part les quelques semaines qui précédent le scrutin, entend-on parler du Parlement, des députés, des décisions prises, de leurs pouvoirs, etc.... Non. Ah on se donne bonne conscience en faisant des émissions et autres pages spéciales pseudo-pédagogiques à l'approche des élections mais ce n'est pas comme cela que l'on mobilise. L'Europe et ses institutions se sont, au fur et à mesure, déconnectées d'avec les citoyens européens. Et ce n'est pas arrivé par magie, c'est la faute des médias mais aussi et surtout des politiciens et partis... Combien de silences et accusations faciles ont ruiné les quelques tentatives de convaincre du rôle essentiel du Parlement Européen ? Comment faire le poids devant le fameux "c'est la faute de Bruxelles" ?
L'Europe peut mobiliser ; pour souvenir le référendum du traité constitutionnel.
Mais voilà, encore une raison de démotiver : ce fameux traité rejeté par une majorité indiscutable de Français et qui est reproduit presque à l'identique dans le traité de Lisbonne défendu par Sarkozy et adopté par le Parlement français. N'est-ce pas ce foutre des Français ?
Puis il y a l'épisode Yade/Dati : la première qui refuse d'aller à Strasbourg préférant une responsabilité nationale afin de rester sur "scène", pourquoi pas... La seconde obligée d'y aller car trop contestée à la Chancellerie et ne pouvant pas être jetée comme une malpropre. Donc c'est direction l'Europe comme placard doré et sa non-implication, son manque de sérieux et de motivation sont flagrants...
Et que dire de tous ces députés élus ne siégeant pas ou qui démissionnent à la moindre occasion de revenir au pays ? Quel message nous font-ils passer ?
Ce qui semble être une mauvaise blague : le découpage en pseudo-circonscriptions-grandes-régions-qui-ne-correspondent-à-rien. Un retour à une unique circonscription semble être plus que souhaitable pour rendre plus lisible l'élection mais aussi pour en faire un enjeu national.
Enfin les fameux sondages dont les médias et que l'UMP aiment tant. On clame partout que l'UMP va l'emporter. Sarkozy qui est tellement contesté par ces dangereux gauchistes va recevoir le soutien des Français, il semblerait sauf si on fait un peu plus attention aux fameux sondages... Oui l'UMP est en tête mais avec 28% en moyenne, est-ce une majorité ? Si c'est le cas, j'ai du rater des cours de math... Sachant que aucun autre parti ne soutient Sarkozy, cela veut dire 28% contre 72% d'opposition !!! Là, je suis d'accord, il y a une majorité indiscutable mais elle n'est plus en faveur de l'Elysée. Et puis ce sont des sondages nationaux qui ne correspondent pas au scrutin par grandes régions... Donc quelle valeur leurs donner ?

Et malheureusement, tous les partis sont coupable de se désamour. L'UMP nous explique clairement que nous, citoyens, n'avons aucun poids. Que le Parlement est une punition pour ses membres. Nous ment sur l'Europe qu'ils souhaitent. Tente de nous refaire le coup de la Turquie en oubliant de préciser que Chirac avait inscrit dans la Constitution que chaque nouvelle adhésion devait faire l'objet d'un référendum mais que Sarkozy, peu de temps après avoir été élu, a apporté une modification en permettant au Parlement français de se prononcer sur la question, évitant ainsi le référendum...  Le MODEM a renoncé à ses campagnes pro-européennes qui faisait la force de Bayrou lors de ce scrutin. Les Verts font des propositions intéressantes mais sont peu audibles. Les eurosceptiques et europhobes (Besancenot, Mélenchon, De Villiers, Le Pen & Co) foisonnent... Et le PS a du mal à faire LA campagne parfaite. Trop d'hésitations, un peu trop de flou.... Alors qu'ils dénoncent cette Europe que nous ne voulons plus, cette Europe a minima voulue par Barroso, Sarkozy et autres ultras-libéraux. Cette Europe commerciale, déréglementée, refusant toute Europe sociale...

Espérons que Martine Aubry et l'ensemble du PS arrivent à créer une véritable dynamique au cours des quelques jours qui nous séparent du vote du 7 juin. Une victoire du PS et du PSE ne serait pas synonyme d'une révolution à Bruxelles et Strasbourg mais permettrait, du moins, d'avancer vers une Europe sociale dont nous avons besoin. Et puis pourquoi ne pas rêver un peu, permettrait peut être de commencer à construire un capitalisme alternatif à celui qui fut tant décrier au pic de la crise mais que la grippe A a fait oublier... La route est encore longue mais nous pouvons y arriver en avançant pas à pas et en se donnant toutes les chances... Et il semblerait que la meilleure des chance d'atteindre cet objectif est de voter massivement et ce en faveur du PSE...

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15 avril 2009

Aujourd'hui : je me souviens.... de Chirac

Ah c'est ZE info politico-people de la semaine : le fameux sondage Paris-Match sur la popularité de nos chers Politiques. Et là, quelle "surprise" : Nicolas Sarkozy - M. J'ajuste ma politique selon les sondages et les plans com'- est renvoyé dans les cordes : 33ème juste entre Fabius - l'éléphant maudit du PS - et son ministre de l'armée a qui on coupe les budgets - Hervé Morin. Seul réconfort : Ségolène - je vais plomber tout le monde à coup de chabichou - Royal est derrière (36ème).

Ce classement est dominé par des habitués : Bernard - PS traître - Kouchner (3ème), Mister Culture - Jack Lang (6ème), François - bah il est pas méchant - Bayrou (10ème),... Mais aussi par des "révélations" : Martine - Queen of PS - Aubry passe en 8ème position, DSK de Washington est 5ème, Bertrand Delanoë en recul de tout se réconforte en étant 4ème, ... On retrouve également plusieurs "non je ne m'oppose pas à Sarko, j'apporte ma contribution" de la majorité présidentielle : Dominique - fuck USA - de Villepin est 20ème, Rachida Daty - future ex-Miss place Vendôme et prochaine Miss Choucroute garnie de Strasbourg - est 11ème, Rama Yade - celle qui a dit NON - quant à elle est 2ème. On peut imaginer que Sarko enrage. actu_politique_Chirac_salue_la_foule_articlephoto

Mais le pire du pire. Encore plus grave qu'une rupture de stocks chez Rolex c'est le fait que Chirac soit en tête de ce classement. Oui, l'ancien président que Sarko et son staff UMPesque tente de ringardiser occupe la première place. On peut imaginer la colère envahissant le (petit) corps de notre Président, la multiplication des spasmes et autres tics déjà très nombreux habituellement. Quelle trahison du si coopérant Paris-Match, mettre le caresseur de cul de vache en tête alors que M. je-pense-avoir-bon-goût est renvoyé parmi les has-been.

Si ce n'est l'aspect réjouissant de cette petite humiliation pour Sarkozy, il ne faut pas se leurrer. Il est clair  que Chirac bénéficie d'une prime accordée au prédécesseur ainsi qu'une autre pour le fait qu'il peut être populaire maintenant qu'il est retiré de la Politique. C'est l'histoire de Chirac, il monte (mangez des pommes), il baisse (grève de 95 et dissolution), il monte (cohabitation avec Jospin), il est au sommet (2ème tour contre le Pen et le NON à la guerre d'Irak) et chute (fin du quinquennat).

Il est le premier ex-Président a bénéficié de cette prime au prédécesseur : De Gaulle, Pompidou, Mitterand sont morts trop vite et VGE avait encore des ambitions politiques après 81. Chirac, lui, il s'est retiré et ne représente donc plus un risque. La mémoire collective préférant zapper le négatif pour ne se rappeler que du positif, Chirac est donc celui qui mange des pommes, celui dont la marionnette fait tant rire aux Guignols, celui qui a défendu une certaine grandeur de la France en s'opposant fermement à Bush et ses potes, celui qui a menacé "you want me to go back to my plane ?", celui qui avait une véritable Culture, celui qui a voulu le musée du Quai Branly, celui qui a alerté le monde sur le fait que "la maison brûle", celui qui a offert une image de papy campagnard-franchouillard kiffant le salon de l'agriculture et la bonne bouffe bien de chez nous. Ça c'est Chirac, on oublie les grèves, les affaires, l'arnaque de la "fracture sociale" etc....

Mais, est évident l'échec de la stratégie médiatico-politique de Sarkozy. Si Chirac est aussi populaire, c'est aussi parce que l'actuel Président est devenu inaudible, que les Français prennent conscience qu'il n'est pas l'Homme de la situation, qu'il n'a fait que mentir, qu'il n'est pas là pour eux mais pour défendre ses amis les plus riches, qu'il salit l'image de la France. Favorisant la nostalgie, le "c'était mieux avant". Chirac n'aurait peut-être pas fait mieux mais il aurait fait différemment.

pour retrouver le classement intégral : Sondage Paris-Match

et un article de Rue89 assez sympa qui m'a inspiré pour le titre :  Chirac nouvelle idole des Français 

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